Brian Myles prône un journalisme de qualité devant les jeunes ambassadeurs de la francophonie

Bryan Myles.

Bryan Myles.

Crédit : Jacques Nadeau, «Le Devoir».

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Le directeur du «Devoir», Brian Myles, a prôné un journalisme de qualité devant les participants du 5e Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques, tenu à l’Université de Montréal.

«La révolution numérique renferme un potentiel gigantesque en matière d’information, mais elle met à mal les médias traditionnels, qui peinent à trouver de nouveaux modèles d'affaires leur permettant de faire du journalisme de qualité.»

C’est ce qu’a affirmé le directeur du quotidien Le Devoir, Brian Myles, à l’occasion d’une conférence prononcée devant les participants du 5e Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques, qui prend fin aujourd’hui à l’Université de Montréal.

«Cette révolution reconfigure entre autres les modes d'information et le métier de journaliste, a soutenu M. Myles. Tandis que les effectifs diminuent, les journalistes subissent une pression énorme pour produire rapidement la nouvelle et alimenter les multiples plateformes.»

Sans compter qu’ils sont en compétition permanente avec une multitude de canaux et de sites qui offrent des nouvelles gratuitement.

«Le modèle traditionnel, selon lequel des annonceurs achètent de l’espace publicitaire ou du temps d'antenne en fonction du tirage ou des cotes d'écoute, est malmené dans une culture de gratuité exacerbée», a poursuivi celui qui a aussi présidé de 2009 à 2013 la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

Médias et démocratie : indissociables

À ce titre, il a été confronté à des dossiers complexes, comme la fin du lockout au Journal de Montréal, la menace de fermeture à La Presse et la réorganisation du travail à Radio-Canada. Il a aussi dirigé la production d’un dossier noir sur le monde municipal et sur ses relations avec le milieu journalistique, dans lequel la FPJQ dénonçait les atteintes à la liberté de presse et même les menaces physiques subies par des journalistes en région.

«Tant au Québec qu’ailleurs dans la francophonie et dans le monde, le rôle des médias est indissociable de la santé de la démocratie, a déclaré Brian Myles. La démocratie, qui est très récente dans l’histoire de l’humanité, est un système politique fragile qui a besoin d’une presse forte, capable de critiquer le pouvoir en place, pour être en santé.»

M. Myles a d’ailleurs rappelé quelques éléments de l’histoire du Devoir, qui est l’unique quotidien indépendant au Québec.

Le premier moment charnière fut, selon lui, la création même du journal le 10 janvier 1910 par Henri Bourassa, «qui voulait offrir une information à l’abri des idéologies en créant une structure de propriété complexe qui a fait que le journal n’a jamais pu être acheté».

Il a aussi relaté que Le Devoir a été la principale opposition officielle au régime de Maurice Duplessis, contribuant ainsi à la sortie du Québec de la Grande Noirceur.

«Le Devoir a toujours accompagné les Québécois dans leur émancipation et le Québec dans son évolution, et nous entendons poursuivre sur cette voie dans un contexte de mutation numérique qui est là pour de bon», a-t-il conclu.