Réforme électorale : un cours sur les modes de scrutin et leurs effets sur la démocratie

  • Forum
  • Le 29 août 2016

  • Martin LaSalle
Tandis qu’on examine la possibilité de changer la façon de voter au Canada, l’Université de Montréal offrira un cours sur les modes de scrutin et leurs effets sur la démocratie.

Tandis qu’on examine la possibilité de changer la façon de voter au Canada, l’Université de Montréal offrira un cours sur les modes de scrutin et leurs effets sur la démocratie.

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À l’heure où le Canada envisage de réformer la façon de voter au pays, l’Université de Montréal offrira, cet automne, un cours spécial sur les modes de scrutin et leurs effets sur la démocratie.

Tandis que les parlementaires canadiens étudient la possibilité de réformer la façon de voter au pays, le Département de science politique de l’Université de Montréal offrira, cet automne, un cours spécial sur les différents modes de scrutin et leurs effets sur la démocratie électorale.

Élaboré et donné par le professeur André Blais, le cours Représentation politique : le choix d’un mode de scrutin permettra à 34 étudiants de deuxième et troisième année du baccalauréat d’analyser les modes de scrutin en vigueur dans différents pays du monde et de prendre connaissance des recherches qui ont été menées pour évaluer leurs effets sur des aspects aussi variés que le nombre de partis, la stabilité du gouvernement, la représentation des points de vue au Parlement et au gouvernement, la responsabilité gouvernementale, les liens entre élus et citoyens et le degré de corruption politique.

Autre particularité, le cours prendra la forme d’une assemblée délibérante lors des quatre dernières séances.

«Après avoir lu la littérature scientifique sur le sujet, les étudiants auront à déterminer collectivement quel mode de scrutin ils trouvent le plus approprié dans le contexte des élections fédérales canadiennes, indique M. Blais. Le groupe considérera les diverses options, les étudiants auront à débattre et à délibérer à propos des mérites et limites de chacune, et le tout se terminera par un vote sur ce qui sera la proposition de la classe.»

Jusqu’à maintenant, le Comité spécial sur la réforme électorale a entendu les experts – dont le professeur Blais –, mais à compter de septembre il siégera de façon itinérante partout au pays pour écouter les groupes d’intérêts et les citoyens. Son rapport est attendu pour le 1er décembre.

Une réforme possible et souhaitable?

Pour André Blais, toute démocratie devrait réexaminer périodiquement son mode de scrutin pour s’assurer qu’il permet un fonctionnement optimal de la démocratie électorale.

Mais est-il fréquent que de telles réformes se concrétisent?
«En général, les réformes radicales de modes de scrutin sont rares, mais les changements graduels, eux, sont plus fréquents, conclut André Blais. Lorsqu’on effectue une analyse des réformes proposées sur de longues périodes, 50 ou 100 ans par exemple, on observe que bon nombre de projets de réforme sont présentés, mais que plusieurs n’aboutissent pas.»

Pour ce qui est du Canada et du Québec, la façon de voter et la comptabilisation des bulletins sont demeurées les mêmes depuis l’instauration de leurs modes de scrutin respectifs. Certes, certains éléments ont été modifiés, tel le droit de vote accordé aux femmes en 1918 au Canada et en 1940 au Québec, de même que l’abaissement de l'âge du vote de 21 à 18 ans en 1970.