Geneviève Saint-Laurent : le droit pour mieux faire avancer la société

Geneviève Saint-Laurent

Geneviève Saint-Laurent

Crédit : Amélie Philibert

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Chargée de cours à la Faculté de droit de l’Université de Montréal depuis janvier, Geneviève Saint-Laurent veut contribuer à former des juristes qui réfléchissent et qui aspirent à changer le monde.

Lorsqu’elle était étudiante au cégep de Rimouski, Geneviève Saint-Laurent affectionnait déjà la science politique parce qu’elle constitue l’une des principales avenues pour «changer le monde». Idéaliste avouée, elle constate qu’une meilleure compréhension des lois qui régissent la vie en société satisferait encore plus sa soif de justice sociale: elle choisit donc d'aller étudier le droit.

Quelques années plus tard, armée de son diplôme de premier cycle en droit de l’Université Laval et sa maîtrise de l’Université d’Aix-Marseille, elle devient avocate dans le secteur public, au sein du ministère de la Justice du Québec, puis son expérience l’incite à poursuivre sa carrière en recherche.

Elle décide donc de se spécialiser dans le domaine des droits et libertés de la personne : son doctorat, effectué en cotutelle à Aix-en-Provence et à Québec, porte sur le droit de vote des prisonniers dans différents pays. «Au Canada, les détenus font partie de la société et conservent leur droit de vote, contrairement aux États-Unis, où ce droit peut être suspendu ou révoqué, selon les États», illustre Geneviève Saint-Laurent. (De fait, en Floride, un ex-détenu ne peut voter tant qu’il n’a pas obtenu le pardon du gouverneur!)

Arrivée à l’Université de Montréal en janvier dernier, la nouvelle chargée de cours de la Faculté de droit y fait aussi son postdoctorat dans le cadre d’un projet combinant les droits de la personne et le droit administratif : sous la direction de la professeure France Houle, elle s’intéresse à la façon dont les professionnels formés à l’étranger parviennent (ou pas) à intégrer les ordres professionnels du Québec.

Par ricochet, elle s’intéresse au droit constitutionnel «parce qu’il va au-delà du seul partage des compétences : la Constitution est pertinente dans de nombreux domaines, dont le droit administratif, qui s’attache à la façon dont l’État applique les lois et respecte les droits et libertés», précise-t-elle.

Passionnée par la place que le citoyen peut – et devrait! – occuper dans la société et par les moyens grâce auxquels il peut être entendu, Mme Saint-Laurent aspire à ce que ses étudiants développent un sens critique ainsi que la capacité de se faire entendre de façon cohérente grâce aux outils juridiques qu’elle leur enseignera.

«Ma motivation pour l’enseignement est de former des juristes qui réfléchissent, conclut Geneviève Saint-Laurent. Je souhaite les aider à changer le monde parce que, comme moi, ils sont idéalistes et c’est stimulant!»