Un forum citoyen pour mieux imaginer le site d’Outremont

L'objectif principal de ce Forum était de favoriser le bouillonnement des idées.

L'objectif principal de ce Forum était de favoriser le bouillonnement des idées.

Crédit : Alexis de Gheldere

En 5 secondes

Quand, pour un projet d’envergure comme le nouveau campus de l’UdeM sur le site d'Outremont, on consulte les étudiants et les habitants des quartiers limitrophes, des idées originales émergent.

Le Centre communautaire et intergénérationnel d’Outremont, situé à quelques enjambées de l’ancienne gare de triage du Canadien Pacifique, accueillait, les 16 et 17 septembre derniers, le Forum citoyen autour de l’implantation du campus de l’Université de Montréal. Organisée par le Centre interuniversitaire d'études sur les lettres, les arts et les traditions (CELAT), la rencontre a réuni une trentaine de résidants et d’étudiants des quartiers limitrophes qui se sont penchés sur les manières d’optimiser les relations entre ce nouveau campus et les quartiers qui l’entourent. Plusieurs ateliers avaient été mis sur pied afin de favoriser le bouillonnement des idées.

Exercice citoyen

Debout devant une petite assemblée, des participants ont présenté la une fictive de leur journal étudiant de 2026, alors que l’état de guerre maintenu au pays engendre disette et rationnement : «Parc-Extension mange ses déchets, et c’est délicieux!»

Heureusement, le nouveau campus de l’Université de Montréal est bien adapté pour tirer son épingle du jeu. En effet, grâce à une approche en circuit fermé, les aliments sont produits sur place dans des serres, les déchets de table sont envoyés au compost, valorisés par la méthanisation et transformés en gaz naturel.

Christophe Abrassart, professeur à la Faculté de l’aménagement de l’UdeM, s’est montré très enthousiaste : «C’est vraiment super d’imaginer une situation de pénurie de ressources pour trouver des idées circulaires, bravo!»

Le futur imaginé aujourd’hui

Résidants et étudiants, encadrés par des chercheurs du CELAT, ont ensuite dû imaginer de manière concrète comment s’orchestreront les échanges de demain dans ce quartier circulaire, réfléchissant d’un côté sur les matières textiles, de l’autre sur les problématiques agricoles. Comment collecter et recycler les matières textiles? Des textiles intelligents pourraient-ils être conçus afin de capter à même la chaleur du corps l’énergie nécessaire pour recharger les téléphones intelligents? Comment valoriser les aliments qui ne seront bientôt plus consommables? Quels changements alimentaires sont souhaitables et comment les accélérer?

Les stylos ont alors garni les fiches jaunes d’un chapelet d’idées. «On creuse des serres plus bas que le niveau du sol pour profiter de la géothermie!» a lancé une participante. «Pourquoi pas des burgers à la farine de criquets?» a proposé un autre. Ils ont alors été interpellés par les responsables et chercheurs présents. «D’accord pour créer des serres destinées à approvisionner le campus en aliments locaux, mais avez-vous pensé à la décontamination de ces anciens terrains à vocation ferroviaire?» a questionné Christophe Abrassart.

Brasser les idées et les rendre applicables

«C’est un mélange de gens qui habitent divers quartiers, des quartiers qui ne se ressemblent pas beaucoup d’un côté et de l’autre des voies ferrées, a noté Stéphanie Jagou, venue en observatrice pour l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire. Ça permet de voir les choses de différentes manières. L’approche ludique, comme le journal de 2026, facilite l’appropriation du concept et la participation active des gens. Ça abolit bien des barrières et ça génère beaucoup d’idées.»

Pour l’instigatrice du Forum, la sociologue Magali Uhl, directrice du CELAT-UQAM, il est indéniable que la richesse des idées était au rendez-vous. Le défi, selon elle, sera de les rendre applicables. «Il faut sortir les idées d’ici et les amener jusqu’aux décideurs.»

C’est la prochaine étape du processus. Le 30 septembre, un symposium sera organisé au même endroit. Les responsables du chantier seront présents et entendront la synthèse de ces ateliers.

Alexis de Gheldere
Collaboration spéciale