Bienvenue dans les conteneurs de l’avenir

  • Forum
  • Le 28 septembre 2016

  • Mathieu-Robert Sauvé
Un immeuble composé de conteneurs recyclés a vu le jour au site du futur pavillon des sciences, à Outremont.

Un immeuble composé de conteneurs recyclés a vu le jour au site du futur pavillon des sciences, à Outremont.

Crédit : Magalie Dagenais

En 5 secondes

Une équipe d’étudiants a conçu un pavillon qui accueille ses premiers visiteurs cet automne sur le site du futur complexe des sciences, à Outremont.

Architecture, urbanisme, arts visuels, poésie, sciences naturelles et autres champs du savoir et de la création convergent vers le pavillon du Catalyseur d’imaginaires urbains, sur le site du futur complexe des sciences à Outremont. Pendant une bonne partie de l’automne, le public est convié à l’angle de l’avenue Atlantic et de la rue Durocher, où se trouve l’entrée d’un bâtiment original constitué de huit conteneurs montés les uns sur les autres, œuvre d’une équipe de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal. Le Virage (signé par les étudiantes Andrée-Anne Caron-Boisvert, Cloë A. Cousineau, Florence Goulet-Pelletier, Simone Dalla Rosa et Nelly Chriswell Manana) comprend un conteneur à la verticale qui rappelle la tour de l’UdeM, visible à l’horizon.

Dès maintenant, on peut y voir une exposition sur le biomimétisme ou «l’art d’imiter la nature», d’après la biologiste Moana Lebel; on peut discuter avec des artistes en résidence, assister à des conférences et ateliers ou s’offrir un café. Les adeptes d’agriculture urbaine constateront que sur le chantier de construction croissent des arbres fruitiers au milieu des laitues, tomates et courges plantées durant les derniers mois dans les jardins environnants.

«C’est presque un miracle que l’endroit soit inauguré avant la fin septembre, comme on le souhaitait au départ», mentionne l’urbaniste Jonathan Cha, chargé de cours à la Faculté de l’aménagement et président du jury qui a évalué les projets. En moins de huit mois, en effet, on est passé d’une idée démesurée (construire des pavillons publics sur un terrain sans eau ni électricité) à l’accueil des premiers occupants. On a, entretemps, obtenu du financement, mis sur pied un concours d’architecture, jugé les projets, acheté le matériel et assemblé le tout. Sans compter le concours d’artistes en résidence qui a enregistré 47 candidatures pour 4 gagnants. Un document vidéo du réalisateur Bruno Girard permet de voir, en accéléré, le montage des conteneurs en un peu moins de 24 heures.

L'assemblage du pavillon en 30 secondes
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Enracinement communautaire

Dès 2016, et encore davantage l'an prochain, le Virage accueillera des gens des communautés environnantes (Outremont, Parc-Extension, Mile-Ex et Rosemont–La Petite-Patrie) et organisera des «manifestations citoyennes et culturelles», question d’assurer l’enracinement du futur pavillon universitaire dans la communauté. En plus des activités culturelles, on proposera des séminaires, des présentations publiques et des colloques. On prévoit atteindre le rythme de croisière durant le printemps et l’été 2017, et l’on promet cinq années d’occupation.

Imaginé par Simon Harel, fondateur du Laboratoire sur les récits du soi mobile et professeur au Département de littératures et de langues du monde, avec Bruno Jobin, directeur de Montréal/Ville en mouvement, le Catalyseur d’imaginaires urbains est une façon de penser l’université de demain.

L’intégration des conteneurs dans la construction s’est imposée dès la rédaction du cahier des charges, souligne Erwan Geffroy, coordonnateur du Laboratoire. «C’est un matériau peu coûteux et symboliquement très chargé pour un endroit comme celui-ci, explique-t-il. Il incarne notre rapport à la mobilité, le transport des marchandises, la mondialisation…»

De l'usine au jardin
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