Petits trucs pour faire un doctorat sans perdre la tête!

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  • Le 28 septembre 2016

  • Mathieu-Robert Sauvé
La doctorante Frédérique-Emmanuelle Lessard.

La doctorante Frédérique-Emmanuelle Lessard.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Deux spécialistes de la santé psychologique présentent la théorie de l’autodétermination, qui peut aider les étudiants à mener à terme leur travail de recherche.

«Je viens de réaliser que le plaisir du travail intellectuel ne faisait pas partie de mes motivations et ça m’en dit beaucoup sur ma façon d’aborder mon doctorat», a affirmé une étudiante au terme d’un atelier sur la santé psychologique aux cycles supérieurs donné lors des Journées de la relève en recherche, le 22 septembre.

Comment préserver sa santé mentale lorsqu’on entreprend ce marathon intellectuel que constitue une maîtrise ou un doctorat? Voilà la question qui a attiré une trentaine d’étudiants à cet atelier, présenté par la doctorante Frédérique-Emmanuelle Lessard, spécialiste de la psychologie du travail, et la professeure Véronique Dagenais-Desmarais, toutes deux du Département de psychologie de l’Université de Montréal.

Au cours de leur présentation de 75 minutes, les conférencières ont mis les participants à l’épreuve à l’aide de tests amusants et révélateurs. Dans l’un d’eux, les participants devaient fermer les yeux et se projeter dans l’avenir. Ils devaient ensuite répondre à la question suivante : «Vous êtes en train de soutenir votre thèse après des années de travail. De quoi êtes-vous le plus fier?»

Par la suite, les participants ont cherché à nommer leurs principales forces et faiblesses. En groupe de deux, ils ont échangé leurs impressions sur leurs listes respectives. Ces tests avaient pour but de résumer les connaissances acquises ou lacunaires des jeunes chercheurs, un exercice salutaire qu’on doit refaire à l’occasion. «Comme pour la santé physique, la santé mentale fluctue beaucoup, non seulement d’une semaine à l’autre, mais d’une journée à l’autre et même à l’intérieur d’une même journée», a souligné Mme Lessard.

Autodétermination et ressources

Autonomie, compétence et appartenance sociale sont les trois besoins essentiels de l’individu, selon la théorie de l’autodétermination. Pour garder son équilibre psychologique, on doit satisfaire ces besoins de différentes manières. Les deux premiers semblent évidents pour les aspirants maîtres et docteurs. Mais l’appartenance sociale ne doit pas être négligée dans la solitude du travail de rédaction.

Les expertes proposent des trucs simples, comme s’efforcer de remercier les parents, le conjoint, les amis ou les collègues pour l’aide qu’ils apportent. Dès qu’une personne rédige un petit mot de remerciement, elle commence déjà à ressentir du bien-être. «C’est prouvé scientifiquement», a affirmé Mme Dagenais-Desmarais, qui avait distribué de petits papiers où il était simplement écrit «Merci…». Elle a ensuite invité les participants à faire un pas de plus et à transmettre de vive voix ces témoignages de gratitude aux destinataires.

Faire attention à sa santé psychologique, c’est bien, mais il arrive que le déséquilibre l’emporte. Frédérique-Emmanuelle Lessard a dirigé une grande consultation sur la question alors qu’elle était coordonnatrice aux affaires académiques de la FAECUM, de 2013 à 2015. Les résultats de l’enquête auprès de 10 000 répondants paraîtront le mois prochain. Sans les révéler, elle a mentionné que de nombreux étudiants sont touchés par la situation. Un problème récurrent : repousser le moment où l’on demande de l’aide. «Des étudiants aux prises avec des problèmes de plagiat, par exemple, ont plaidé leur détresse psychologique pour expliquer leur geste. C’est très malheureux.»

Heureusement, soutient-elle, l’Université de Montréal semble résolue à s’attaquer au problème. «On sent une ouverture», a-t-elle exprimé, avant de dresser la liste des ressources disponibles, allant du Centre de santé et de consultation psychologique de l’UdeM à Suicide Action Montréal.