Comment favoriser vos chances de décrocher une bourse?

Deux étudiantes-chercheuses qui ont assisté à la présentation de la professeure Julie Gosselin sur les sources de financement aux cycles supérieurs.

Deux étudiantes-chercheuses qui ont assisté à la présentation de la professeure Julie Gosselin sur les sources de financement aux cycles supérieurs.

Crédit : Hombeline Dumas

En 5 secondes

La vice-doyenne Julie Gosselin a présenté, à l’occasion des Journées de la relève en recherche, une communication sur les bonnes pratiques et les pièges à éviter quand on fait une demande de bourse.

Bourses Rhodes, bourses postdoctorales Banting, bourses de la Fondation Pierre Elliott Trudeau, bourses de rédaction, bourses pour étudiants étrangers, bourses des Caisses populaires Desjardins… De multiples sources de financement sont offertes aux étudiants-chercheurs par les grands organismes subventionnaires, des organisations diverses et des fondations. «L’offre est grande, mais il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans l’ensemble des informations concernant le financement aux cycles supérieurs», admet Julie Gosselin.

La professeure de l’École de réadaptation et vice-doyenne à la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP) de l’Université de Montréal a présenté les 22 et 23 septembre, à l’occasion des Journées de la relève en recherche de l’Association francophone pour le savoir–Acfas et des Fonds de recherche du Québec, une communication sur les bonnes pratiques et les pièges à éviter quand on fait une demande de bourse. 

Premier conseil. Elle suggère aux étudiants de l’UdeM de consulter les documents d’information rédigés à leur intention afin de les aider dans la préparation de leur dossier de candidature. «Ils peuvent les récupérer dans l’accès protégé du site de la FESP», dit la vice-doyenne. Elle rappelle que la faculté organise chaque session des ateliers et conférences sur le sujet. À compter de cette année, de tels ateliers sont également proposés aux étudiants de premier cycle qui préparent leur passage aux cycles supérieurs.

Autre conseil précieux : «L’obtention d’une bourse, aussi petite soit-elle, avantage l’étudiant lors des demandes subséquentes. Selon votre parcours, il peut être dans votre intérêt de soumettre au début votre candidature à des concours de moindre envergure plutôt qu’auprès des grands organismes subventionnaires, qui sont très sélectifs», a indiqué Julie Gosselin à la cinquantaine d’étudiants-chercheurs venus assister à sa présentation. Plusieurs universités, ajoute-t-elle, ont leur propre programme de bourses qui permet, selon l’établissement, d’accorder des bourses de recrutement, des bourses d’excellence, des bourses de mobilité ou encore des bourses de rédaction. Des bourses sont aussi offertes à partir de fonds de recherche du directeur de mémoire ou de thèse. «Toutes ces bourses peuvent constituer un bon levier pour enrichir le dossier de candidature de l’étudiant et le rendre plus compétitif aux concours externes», signale Mme Gosselin.

À son avis, plusieurs bourses provenant de fondations, d’organismes caritatifs et d’entreprises méritent d’être mieux connues, comme les bourses thématiques. «Dans tous les cas, souligne Mme Gosselin, il est essentiel de vérifier les critères de sélection et d’évaluation afin que votre dossier réponde aux critères d’admissibilité et aux objectifs du programme de financement. Lisez et relisez très attentivement les consignes.»

Conseils de base et stratégies

La compétition pour l’obtention d’une bourse est, de nos jours, féroce, déclare Mme Gosselin. Le dossier doit donc être préparé avec grand soin, ce qui requiert du temps. Outre le formulaire de demande de bourse qui inclut habituellement une description du projet, plusieurs documents sont souvent exigés comme un curriculum vitæ, les relevés de notes et des lettres de recommandation. «Prévoyez plusieurs semaines, voire des mois, pour la préparation de vos demandes», recommande Mme Gosselin. Établissez un échéancier en fonction de la date de clôture de chacun des concours de bourse auxquels vous comptez envoyer votre dossier et remplissez les formulaires rapidement de façon à connaître les documents ou informations manquants.»   

Consultez également votre directeur de recherche très tôt dans le processus afin d’obtenir son appui. Vos collègues qui ont reçu une bourse peuvent aussi vous apporter une aide précieuse. N’hésitez pas à faire appel à des membres de votre famille ou à vos amis pour qu’ils relisent votre demande. Ceux-ci doivent pouvoir comprendre votre projet même s’ils ne travaillent pas dans le domaine de votre objet d’études. «Le choix des mots est capital, affirme la professeure Gosselin. Évitez d’utiliser un jargon trop spécialisé.»

Selon le champ d’études et le parcours de chacun, le projet peut s’appuyer sur des données préliminaires ou s’intégrer dans un projet de recherche plus large, évoque-t-elle. Dans tous les cas, il est essentiel d’énoncer clairement sa pertinence scientifique et sa portée sociale. «Quantifiez son importance si possible. Est-ce que le problème touche beaucoup de monde? A-t-il des conséquences graves? Bref, illustrez les retombées engendrées. Et insistez sur l’applicabilité et l’originalité.»

Concernant le curriculum vitæ, il faut mettre votre candidature en valeur. D’où l’importance de mentionner tout ce qui peut vous distinguer de vos concurrents : les stages et collaborations, les charges de cours, les tâches d’auxiliaire d’enseignement, les bourses, incluant les petites, les prix d’excellence, la mention sur la liste d’honneur du doyen, les articles scientifiques, la participation à des colloques, les communications orales ou par affiches, le bénévolat… «Ne négligez aucun élément significatif, indique Mme Gosselin, qui rappelle que les bonnes notes s’imposent au premier chef dans la plupart des concours de bourse. Viennent ensuite les distinctions, prix et bourses, y compris celles que vous avez déclinées, et, enfin, l’expérience en recherche et votre engagement. «Démontrez votre capacité à mener des recherches universitaires et n’oubliez pas de fournir des informations objectives sur la portée de vos réalisations, par exemple le nombre de participants à votre conférence.»

Une chose à éviter à tout prix : s’excuser de ne pas en avoir fait assez! «Mettez plutôt l’accent sur vos réalisations et votre projet de recherche», dit la vice-doyenne, qui insiste sur l’importance des lettres des répondants. Ceux-ci doivent bien vous connaître. «Une recommandation doit être personnalisée, mentionne Mme Gosselin. Il est donc important de bien choisir vos répondants et d’alimenter leur réflexion avec des documents et informations qui leur permettront de rédiger une lettre basée sur des faits. De grâce, n’attendez pas à la dernière minute pour leur demander une lettre. Une bonne recommandation ne s’écrit pas en criant ciseau!»