La mémoire du philosophe Loris se perpétue à l'UdeM

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Mme Lutes Racine a donné au fonds des bourses de l’Université, mis sur pied à l’occasion de la grande campagne de financement en cours.

Peu après la mort de son mari en février 2015, Carol Lutes Racine a mis la main, non sans émotion, sur les Carnets philosophiques du Département de philosophie, que Loris Racine, diplômé de 1953, avait conservés. Mme Lutes Racine y a vu une nouvelle preuve de l’importance que l’Université avait eue pour son mari. Elle a voulu consolider ce lien en donnant au fonds des bourses de l’Université, mis sur pied à l’occasion de la grande campagne de financement en cours.

« Loris a eu une grande carrière et l’Université a joué un rôle fondamental dans ce parcours. Si elle lui a donné une excellente formation, elle a aussi été le creuset des convictions qui l’ont animé », a dit sa femme. Par exemple, au début des années 50, M. Racine exprime son indignation devant la pénurie d’oeuvres dramatiques canadiennes en français. Et voyez quel tour a pris sa carrière!

Loris Racine aura été toute sa vie un ardent défenseur de la langue française. Il fut un pionnier à une époque où tout, ou presque, était à faire. Ainsi, à l’Office national du film du Canada, qui l’employa en 1953 et 1954, il déplorait déjà que les francophones devaient non seulement parler et écrire en anglais mais également penser en anglais. Il travailla ensuite au service des communications de CBC/Radio-Canada à Montréal, puis au siège social du radiodiffuseur à Ottawa, avant de devenir directeur général de la Commission de la fonction publique du Canada en 1967. Il s’y appliqua à faciliter l’accès des francophones à des postes de direction et à faire appliquer la Loi sur les langues officielles, adoptée en 1969 et qui provoqua beaucoup de résistance.

« La vie avec Loris était tout sauf ennuyeuse. Vivre avec lui était une aventure passionnante », a confié Mme Lutes Racine en se réjouissant à la pensée qu’avec son don des étudiants pourront mieux se consacrer à leurs études et, qui sait, y trouver l’inspiration de toute une vie.