Un café avec Elsie Lefebvre

Elsie Lefebvre et le recteur Guy Breton

Elsie Lefebvre et le recteur Guy Breton

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Diplômée de l’Université de Montréal en science politique, Elsie Lefebvre est devenue conseillère à la Ville de Montréal. Guy Breton l’a rencontrée dans son quartier, Villeray.

À 25 ans, Elsie Lefebvre passe à l’histoire en devenant la plus jeune femme élue à l’Assemblée nationale du Québec à l’élection provinciale de 2004. Cinq ans plus tard, la diplômée en science politique choisit la scène municipale. Devenue conseillère à la Ville de Montréal, elle est actuellement présidente de la Commission sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs. Mère de deux enfants, elle tente de concilier famille et engagement social…, ce qui ne l’empêche pas de retourner à son alma mater pour entreprendre une maîtrise en études internationales, terminée en 2013. Attablée à la terrasse d’un café du quartier Villeray, qu’elle représente à l’Hôtel de ville, elle discute avec le recteur Guy Breton de la nouvelle génération d’élus qui prend les commandes.

Elsie Lefebvre : À 44 ans, Justin Trudeau incarne une nouvelle génération de politiciens, mais des jeunes au pouvoir, ce n’est pas nouveau : Robert Bourassa est devenu premier ministre du Québec à 36 ans. Pour compléter le changement de garde générationnel, il faudrait voir plus de jeunes dans les lieux décisionnels que sont les partis politiques et les conseils d’administration. On a besoin de leurs idées… et de leur folie.

Guy Breton : La solution, Mme Lefebvre, serait de vous cloner! [Rires.] Blague à part, c’est l’un des défis de nos universités : fournir les conditions pour que les membres de la communauté universitaire s’engagent davantage dans la société. Il faut que nos étudiants et nos jeunes diplômés le fassent dès leur entrée dans la vie active, sans attendre la fin de carrière. L’engagement citoyen doit être le plus diversifié possible : les jeunes et les moins jeunes, les néo-Québécois comme les gens nés ici, les penseurs comme les gens d’action doivent prendre une part active à l’avancement de la société.

E.L. : Les jeunes ont maintenant accès à une éducation de grande qualité qui les prépare à prendre les commandes. Désormais, l’une des conditions à mettre en place, c’est la conciliation travail-famille. J’étais enceinte lorsque je me suis présentée aux élections municipales. En poste, j’ai vite réalisé que la notion de congé de maternité était inexistante à l’Hôtel de ville. Un élu qui ne se présentait pas à trois séances consécutives du Conseil était destitué! Je suis très fière du combat que nous avons mené : un élu municipal a droit désormais à un congé de 18 semaines après une naissance ou une adoption.

G.B. : Voilà une belle illustration de ce que permet l’engagement politique : donner corps aux valeurs de sa génération. Outre la conciliation travail-famille, une valeur des étudiants qui m’entourent est le développement durable. Ils se sont mobilisés autour de cet enjeu, demandant à l’Université de retirer l’eau embouteillée de ses campus, ce que nous avons fait en 2013.

E.L. : Comme élue, j’utilise régulièrement cet exemple : si l’UdeM a pu retirer les bouteilles d’eau, pourquoi pas la Ville? Que l’Université de Montréal puisse aménager son nouveau campus à Outremont dans le respect des plus hauts standards de développement durable [NDLR : le projet a obtenu la certification LEED pour l’aménagement des quartiers] est aussi une inspiration pour Montréal.

G.B. : Je reviens de Calgary. Là-bas, la ville et son université ont conclu une alliance dans le but de résoudre des problèmes urbains. Par exemple, des professeurs et des étudiants ont élaboré des mesures destinées à atténuer l’incidence des inondations en ville. D’autres se sont intéressés aux politiques concernant les jeunes de la rue. Pourquoi ne pas implanter cela à Montréal? En prenant part à de telles initiatives, les étudiants découvrent, avant même d’entrer sur le marché du travail, qu’ils ont le pouvoir d’innover.