Les religieuses expriment leur foi dans les soins infirmiers

C'est grâce à l’initiative de sœur Jacqueline Saint-Yves que la nouvelle chaire a vu le jour.

C'est grâce à l’initiative de sœur Jacqueline Saint-Yves que la nouvelle chaire a vu le jour.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

La Faculté des sciences infirmières de l’UdeM accueille la Chaire de recherche Marguerite-D’Youville d’interventions humanistes en soins infirmiers, grâce à un don de cinq congrégations religieuses.

Grâce à un don historique de cinq congrégations religieuses québécoises, la Faculté des sciences infirmières accueille la nouvelle Chaire de recherche Marguerite-D’Youville d’interventions humanistes en soins infirmiers.

Ensemble, les Sœurs de la charité de Montréal, de Saint-Hyacinthe et de Québec, les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe ainsi que les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph ont fait un don de 3,25 millions de dollars à la campagne de financement Campus Montréal pour créer une chaire de recherche consacrée à l’accompagnement des personnes souffrantes et de leurs proches. Cette contribution vient rappeler que ce sont d’abord les religieuses qui ont cultivé le savoir en soins infirmiers au Québec et posé les bases du système de santé québécois.

C’est à l’initiative de sœur Jacqueline Saint-Yves, jusqu’en juin dernier supérieure des Sœurs de la charité de Montréal, mieux connues sous le nom de Sœurs grises, que la collaboration entre les congrégations religieuses s’est dessinée. « Nous souhaitions souligner notre attachement et le lien qui nous unit à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal tout en évoquant l’apport de nos devancières, et nous avons sollicité les autres communautés religieuses : non seulement elles ont répondu à l’appel, mais leur générosité a dépassé mes attentes… J’en ai été émue! » relate-t-elle.

Sœur Saint-Yves loue les qualités de la titulaire de la nouvelle chaire, Véronique Dubé, professeure adjointe à la Faculté des sciences infirmières. À ses yeux, Mme Dubé incarne parfaitement l’esprit des religieuses qui, au fil de l’histoire, ont privilégié une approche de compassion auprès des plus vulnérables. « On ne pouvait tomber mieux avec Véronique : elle est dotée d’un grand sens de la mission, comme en témoignent à la fois son parcours scolaire et professionnel et sa personnalité! » insiste sœur Saint-Yves.

Recherche-action en interventions humanistes

La Chaire de recherche Marguerite-D’Youville d’interventions humanistes en soins infirmiers a pour objectifs d’analyser les besoins des personnes, des familles et des communautés en regard de leurs expériences de santé, de concevoir des stratégies novatrices d’accompagnement humaniste contribuant à la qualité des soins et d’évaluer les interventions infirmières.

Les activités de recherche de la Chaire seront regroupées autour de trois grands axes : l’analyse des besoins des personnes en situation de vulnérabilité et ceux de leurs proches – notamment les proches aidants de gens atteints précocement de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées –, puis l’élaboration et l’évaluation d’interventions innovantes contribuant à leur qualité de vie; la désignation des facteurs qui facilitent et qui entravent les soins infirmiers humanistes, ainsi que la mise au point de stratégies visant à soutenir les facteurs facilitateurs et à orienter les interventions de soins appropriées; finalement, le transfert, l’utilisation et la valorisation des connaissances sur les soins humanistes, à partir des résultats obtenus grâce aux travaux réalisés dans les deux premiers axes.

Un peu d'histoire

La congrégation des Sœurs de la charité de Montréal a été fondée en 1737 par Marguerite d’Youville, à qui l’on a ensuite confié la direction de l’Hôpital général. À l’origine – et pendant 100 ans –, les religieuses y ont accueilli les démunis de la ville, qu’il s’agisse de vieillards, de pauvres, de sans-abris, de prostituées, d’enfants abandonnés ou de « malades mentaux ». Les Sœurs grises ont ensuite assumé la direction des soins infirmiers à l’hôpital Notre-Dame dès sa fondation, en 1880, ainsi que celle de l’école des infirmières inaugurée huit ans plus tard.

En 1934, on met sur pied l’Institut Marguerite-D’Youville, qui est l’ancêtre de la Faculté des sciences infirmières : il constituait à l’époque une école supérieure pour infirmières affiliée à l’Université de Montréal.

C’est en décembre 1961 que le Conseil des gouverneurs de l’Université de Montréal crée la Faculté de nursing, devenue la Faculté des sciences infirmières en 1978, qui comptera des sœurs de la Charité dans son corps professoral. La faculté accueille ses premières étudiantes en septembre 1965.