La contribution des universités à l’économie en voie de passer à un stade supérieur

  • Forum
  • Le 24 octobre 2016

  • Martin LaSalle
Les membres du panel de l’atelier: Monique Cormier, Jean-Louis Roy, Pierre-Marie Boisson, fondateur et pdg de la Société générale de solidarité (Haïti), Anne Gaboury, pdg de Développement international Desjardins, et François Germinet, président de l’Université Cergy-Pontoise (France).

Les membres du panel de l’atelier: Monique Cormier, Jean-Louis Roy, Pierre-Marie Boisson, fondateur et pdg de la Société générale de solidarité (Haïti), Anne Gaboury, pdg de Développement international Desjardins, et François Germinet, président de l’Université Cergy-Pontoise (France).

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Les universités doivent adopter une culture de la complémentarité pour jouer un rôle économique accru, selon des intervenants au colloque de l’Agence universitaire de la Francophonie tenu à l’UdeM.

Les universités francophones constituent déjà un moteur économique et, pour élargir leur contribution à l’économie, elles doivent intégrer davantage une culture de la complémentarité avec leurs partenaires gouvernementaux et des milieux des affaires.

C’est là l’essence des échanges survenus au cours de l’atelier d’ouverture du colloque annuel de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), qui s’est déroulé pour la première fois à l’Université de Montréal les 18 et 19 octobre derniers.

Intitulé «Le rôle des universités comme moteur du développement économique», le premier atelier de ce colloque a permis de dresser un bilan de l’engagement de l’enseignement supérieur dans le développement de la Francophonie économique et de réfléchir sur les défis que les universités membres de l’AUF auront à relever dans les prochaines années.

D’autres grands thèmes ont été explorés au cours du colloque: l’employabilité et l’insertion socioprofessionnelle des diplômés; les partenariats entre les universités et les opérateurs publics et privés du développement économique et social; et la mise en place d’un réseau d’incubateurs au sein de la Francophonie comme levier d’insertion économique des étudiants et de création de richesse pour les territoires.

Pour une culture de la complémentarité

Pour le président du groupe de réflexion Partenariat international, Jean-Louis Roy, les universités francophones doivent se transformer davantage pour s’adapter aux bouleversements majeurs qui se produisent sur la planète.

«Nous vivons dans un monde qui a considérablement changé: on observe notamment un basculement de la richesse de l'Ouest vers l'Est et vers le Sud, l’instauration à l’échelle mondiale de l'ère numérique et une explosion démographique sur tous les continents», a-t-il énuméré.

Selon lui, ces basculements touchent déjà les universités et elles doivent  jouer un rôle accru afin que «le passage vers le partage de la richesse, l’élargissement de l’ère numérique et l’accroissement démographique mondial s’opère bien».

Et, pour ce faire, «l’institution qu’est l’université doit aller plus loin, en accordant une autonomie plus grande à ses différentes composantes tout en mesurant leur efficacité et en intégrant une culture de la complémentarité», a indiqué Jean-Louis Roy.

Cette complémentarité pourrait s’exprimer à travers différentes avenues. «Chaque université devrait créer une instance de concertation qui réunirait le patronat et les grandes centrales syndicales pour renforcer le dialogue, a-t-il suggéré. De même, les universités devraient tenir des rencontres bisannuelles avec les acteurs économiques et les élus de leur région afin de faire la jonction entre les trois piliers que sont l’État, le secteur privé et les établissements universitaires, qui sont créateurs de savoirs.»

De plus, il a insisté sur l’importance d’améliorer l’employabilité des nombreux diplômés qui, dans certains pays, sont au chômage. «La sécurité, la liberté et le développement découlent de la possibilité de travailler, et l’une des voies potentielles est l’amélioration de la mobilité des personnes dans l’espace francophone, avec des normes convenables», a ajouté celui qui est aussi historien, journaliste et diplomate.

Vers un rôle accru des universités

«Le colloque tenu à l’UdeM s’inscrit dans le cadre des travaux préparatoires du prochain Sommet de la Francophonie à Madagascar, auquel l’AUF participera, et dans la foulée de la stratégie économique de la Francophonie adoptée à Dakar, au Sénégal, en novembre 2014», a souligné Monique Cormier, vice-rectrice associée à la langue française et à la Francophonie au Vice-rectorat aux affaires internationales et à la Francophonie de l’UdeM.

En entrevue accordée au quotidien Le Devoir, elle a mentionné que la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, souhaite que la coopération au sein de la Francophonie se fasse désormais «par l’intermédiaire d’autres institutions, et les universités francophones peuvent répondre à cette demande en devenant des partenaires au service du développement économique».