In Memoriam: Geneviève Bazin

Geneviève Bazin a été chef de service à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales de 1984 à 2007.

Geneviève Bazin a été chef de service à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales de 1984 à 2007.

Crédit : Bernard Lambert

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La Bibliothèque des livres rares et collections spéciales fut l’œuvre de Geneviève Bazin. Celle qui en aura été la première chef de service est décédée le 3 septembre 2016.

Geneviève Bazin est entrée à l’Université de Montréal en 1962 comme bibliothécaire à la Bibliothèque centrale. Elle entreprend ensuite des études à l’Institut d’art et d’archéologie de Paris, où elle obtient une licence puis une maîtrise spécialisée en histoire de l’art. Ses études parisiennes se terminent par l’obtention d’une attestation en muséologie de l’École du Louvre en 1971. De retour au Québec, elle travaille au service des bibliothèques de la Ville de Montréal avant de revenir à l’Université en 1976 à titre de chef de service de la Bibliothèque des sciences humaines et sociales.

C’est en 1984 que Geneviève Bazin se voit confier le mandat particulier de créer une division des livres rares et des collections spéciales à l’Université. Au moment de cette nomination, les livres rares étaient dispersés sur le campus, pas forcément répertoriés ni catalogués, et encore moins facilement accessibles. Sa première mission a donc consisté à rapatrier toutes ces collections en un seul et même endroit.

«Ce fut toute une entreprise! selon Jean-Pierre Le Clerc, technicien en documentation à la retraite qui a travaillé en étroite collaboration avec Geneviève Bazin durant toute sa carrière à l’Université. Chaque bibliothèque avait son petit trésor qu’elle souhaitait conserver. Au fil du temps, cependant, tous se sont rendu compte du sérieux du projet et que les livres seraient ainsi mieux protégés. Il faut dire que Geneviève était une personne déterminée qui ne lâchait pas prise facilement!»

La création de la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales (BLRCS) s’est donc faite petit à petit, sur une trentaine d’années. «Nous étions dans les années 80, c’était les débuts de l’informatisation. De plus, cataloguer des livres rares relève presque de l’artisanat, tant c’est un travail qui exige beaucoup de recherche et une culture encyclopédique. Quant aux services aux usagers, c’est un tout autre monde que celui des bibliothèques communes: c’est du service aux tables!»

En plus de promouvoir les collections de la BLRCS, Geneviève Bazin a travaillé à les rendre accessibles, car elle était particulièrement sensible à la question de l’accès aux documents. «On avait parlé de réserver les collections aux étudiants des cycles supérieurs et aux spécialistes, mais Geneviève s’est battue pour que les collections demeurent accessibles à tous, y compris aux étudiants de premier cycle. Elle a même insisté pour percer les portes de la réserve et y faire installer des fenêtres afin que l’intérieur soit visible à partir de la salle de consultation. Pour elle, c’était tellement important que les gens voient les livres.»

Et que retient Jean-Pierre Le Clerc de la patronne qu’aura été Geneviève Bazin? «Geneviève était une grande voyageuse devant l’Éternel, une personne très curieuse et ouverte sur le monde. Elle exigeait de son personnel une curiosité tout aussi grande et une rigueur intellectuelle, ce qui ne l’empêchait nullement d’être une gestionnaire très humaine, à l’affût de ce que vivaient ses employés.»

Geneviève Bazin est décédée le 3 septembre 2016.