«Les nouveaux bâtiments du CHU Sainte-Justine faciliteront les échanges.» - M. Fabrice Brunet, PDG CHUM-CHU Sainte-Justine

Le PDG du CHUM-CHU Sainte-Justine photographié dans la passerelle menant au nouveau Bâtiment des unités spécialisées du CHU Sainte-Justine.

Le PDG du CHUM-CHU Sainte-Justine photographié dans la passerelle menant au nouveau Bâtiment des unités spécialisées du CHU Sainte-Justine.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Quatre questions posées au PDG du CHUM-CHU Sainte-Justine.

Les nouveaux espaces de Sainte-Justine permettront au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine d’affermir sa réputation dans le domaine des sciences de la santé. Qu’est-ce que cela représente en termes de services pour les patients?

Le CHU Sainte-Justine est reconnu pour son intégration de l’enseignement, la recherche et les soins médicaux. L’approche humaniste des quelque 5 000 personnes qui travaillent au sein de l’organisation contribue à aller chercher en permanence de nouvelles connaissances permettant de résoudre les problèmes des patients. Les nouvelles infrastructures vont permettre d’accroître tout ça en facilitant les échanges entre les divers acteurs de la communauté de pratique qui sont rassemblés autour de l’innovation au service de la santé des mères et des enfants. Pour le patient, les nouveaux Bâtiment des unités spécialisées et Centre de recherche, c’est la réponse permanente à ses besoins.

Ce n’est pas que l’expertise sera différente, mais l’expérience de la pratique et l’implication de tous les acteurs, incluant les familles, vont accroître le rayonnement. Le premier effet sera un impact bénéfique pour la population. Ce qu’on veut, c’est que cet hôpital extraordinaire serve à la population. Les Québécois ont investi l’équivalent de 940 millions de dollars dans ce projet. Lorsqu’on est capable de construire de tels environnements avec ses propres compétences, ses équipes partenaires, ses firmes d’architectes et de génie, nous pouvons être fiers.

Qu’est-ce que cela va permettre concrètement au niveau des échanges avec l’Université de Montréal? Pourquoi cette collaboration est-elle importante?

Nos rapports avec l’Université de Montréal vont au-delà de la collaboration. Nous faisons partie de l’Université. Le CHUM et le CHU Sainte-Justine sont les deux centres hospitaliers universitaires de l’Université de Montréal. Dans les deux cas, ce sont des lieux où la connaissance peut être générée et créée à travers la recherche et l’expertise de nos cliniciens, enseignants et chercheurs pour ensuite être appliquée directement. Cette complicité permet de réduire les délais entre les découvertes, issues des besoins des patients et des équipes qui les soignent, et leurs applications.

Avec les nouveaux espaces qui favorisent encore davantage le partage des expertises, nous sommes capables d’être un des principaux phares dans le domaine de la santé. On est passés de 1 200 000 pieds carrés à 2 millions de pieds carrés! Nous sommes le plus grand centre mère-enfant au Canada et le 2e plus important centre pédiatrique en Amérique du Nord. À ce propos, l’Université de Montréal, elle aussi, est en voie de devenir une université phare. Cette double appartenance que nous avons respectivement fait que nous avons une identité forte et de plus en plus de rayonnement.

Les nouvelles infrastructures disposent de technologies exceptionnelles qui font de Sainte-Justine un établissement de classe mondiale. Pouvez-vous nous parler de ces technologies de pointe?

En neurochirurgie, nous avons par exemple un appareil d’imagerie par résonance magnétique mobile dans la salle d’opération qui se positionne au-dessus de la tête de l’enfant sans qu’on ait à le déplacer. Cela permet d’avoir une image de son cerveau en position opératoire et de mesurer exactement où la tumeur est localisée en fonction de l’angle de sa tête. On évite ainsi les changements dans la structure anatomique et les risques d’infection associés à un déplacement d’un lieu à un autre. Nous sommes le premier centre pédiatrique à avoir cette technologie de pointe en Amérique du Nord.

Une autre innovation technologique permet de résoudre les problèmes auxquels se butent les chirurgiens orthopédistes qui traitent des pathologies de la colonne vertébrale comme la scoliose. Choisir l’endroit de la colonne vertébrale où il faut intervenir, le type d’implant à utiliser, les forces à appliquer et prévoir l’évolution du redressement de la colonne sont au nombre des défis auxquels est confronté le chirurgien. Le simulateur de chirurgie de la colonne vertébrale, développé conjointement par des équipes de Polytechnique Montréal et du CHU Sainte-Justine, assiste les chirurgiens et permet d’optimiser les résultats de ces interventions.

Ces technologies et le savoir-faire associé témoignent que le CHU Sainte-Justine est un lieu de cocréation. Il est amené à favoriser encore davantage la pensée intégrative dans laquelle tout le monde peut cumuler les expertises. C’est notre souhait et notre volonté.

La seconde phase de développement du projet concerne le déménagement des patients. Vous prévoyez les déplacer vers quelle date?

C’est un processus qui comprend plusieurs étapes au terme desquelles, le 8 décembre, on effectuera le déménagement de tous les patients vers le nouveau bâtiment où se fera l’hospitalisation. Dans les anciens locaux que nous continuerons de rénover, on y fera l’ambulatoire. Nous recevons par an quelque 260 000 patients dont 45 000 en hospitalisation et 215 000 en consultation, y compris les urgences.

Lors du déménagement, le nombre de patients hospitalisés va être diminué au maximum grâce à des ententes que nous avons établies avec les autres hôpitaux pédiatriques, afin de restreindre les activités et le nombre de patients à transférer. Par ailleurs, comme chaque étage a une passerelle totalement distincte qui permet de se rendre d’un bâtiment à l’autre, nous n’aurons pas besoin de recourir ni aux ascenseurs, ni aux escaliers. Le déménagement comme tel devrait donc durer une journée et s’effectuer avec le moins d’inconvénients possible. Nous avons mis sur pied des équipes internes d’intervention qui veilleront à ce que tout s’effectue dans l’ordre établi. Concrètement, nous avons 250 agents du changement au sein de l’organisation ainsi qu’un centre de commande en place qui coordonnera les équipes sur le terrain. On se prépare depuis 7 ans pour ce grand jour. On est prêts!

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