Création d’un observatoire de la Francophonie économique à l’Université de Montréal

Marcel Boyer dirigera le nouvel Observatoire de la Francophonie économique.

Marcel Boyer dirigera le nouvel Observatoire de la Francophonie économique.

En 5 secondes

Rencontre avec Marcel Boyer, professeur émérite du Département de sciences économiques de l’UdeM et directeur du nouvel Observatoire de la Francophonie économique.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a profité de l’ouverture du XVIe Sommet de la Francophonie à Madagascar pour annoncer la création d’un observatoire de la Francophonie économique à l’Université de Montréal, en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Cet observatoire sera dirigé par l’économiste Marcel Boyer, professeur émérite du Département de sciences économiques de l’UdeM. Il répond à nos questions.

Vous aurez la responsabilité de diriger les travaux qui seront menés par l’Observatoire de la Francophonie économique. Quels angles pensez-vous leur donner?

L’Observatoire a pour objectif de devenir une ressource de premier plan pour ce qui est des questions liées à la Francophonie économique, un centre d’étude et de recherche de calibre international sur ce thème.

Son mandat principal sera de collecter et d’analyser des données relatives à la situation de l’espace économique francophone. Dans un premier temps, ces données seront principalement centrées sur l’Afrique, mais elles seront élargies progressivement à d’autres régions. Tout ce travail se fera en associant des chercheurs de l’hémisphère Sud, notamment du continent africain étant donné son importance capitale dans l’avenir de la Francophonie.

Ce nouvel observatoire se veut un prolongement direct et opérationnel de la Stratégie économique pour la Francophonie, adoptée en novembre 2014 à Dakar à la XVe Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage. Il est une concrétisation de la vision même de cette stratégie, à savoir une francophonie économique au service du développement humain durable.

Cet observatoire aura une influence certaine sur les étudiants et futurs chercheurs d’ici et d’Afrique. Comment ces doctorants et postdoctorants pourront-ils contribuer à ses travaux?

Les équipes de chercheurs, de doctorants et de postdoctorants auront pour mandat d’alimenter les réflexions économiques au cœur des préoccupations des acteurs de la Francophonie que sont l’Organisation internationale de la Francophonie [OIF], l’AUF et les gouvernements.

Elles mettront à leur disposition des outils à caractère économique nécessaires à leurs réflexions et actions, à savoir des bases de données ainsi que des documents de recherche en matière d’emploi et de formation, d’énergie, de protection de l’environnement et d’entrepreneuriat économique et social. Pour ce faire, elles s’appuieront sur la plateforme technologique de développement et d’analyse de données économiques Mondo. Cette plateforme, qui permet l’analyse de données structurées et non structurées, offrira aux membres et partenaires de l’Observatoire un accès à un vaste ensemble intégré de données vouées à l’analyse économique et parfois uniques. Elle proposera également des outils informatiques et technologiques afin de favoriser la réplication de la recherche et ainsi de diffuser les meilleures pratiques de recherche.

Des doctorants et des postdoctorants seront également intégrés à des activités de  partage, de liaison et de transfert des connaissances scientifiques tels que des conférences, colloques, séminaires et ateliers organisés à l’intention des communautés francophones tant scolaires et politiques que commerciales et industrielles, nationales, régionales et internationales. Leurs travaux de recherche connaîtront ainsi un rayonnement important au sein des réseaux de l’Observatoire.  

Quels genres de partenariats sont envisagés?

L'Observatoire a pour mission de répondre aux besoins des pays de la Francophonie et de leurs chefs d’État, mais aussi du secteur privé et du secteur de l’économie sociale, en mettant à leur disposition des données fiables et des analyses rigoureuses. Les meilleures pratiques de recherche seront partagées et des programmes communs de formation à la recherche seront créés.

L’AUF est un partenaire clé de l’Observatoire. Elle devrait contribuer à sélectionner annuellement des postdoctorants et doctorants des meilleurs départements de sciences économiques du continent africain désireux d’effectuer un stage à l’Observatoire. Ces chercheurs, issus de différentes régions d’Afrique, seront choisis en fonction notamment de leur volonté de demeurer en contact avec l’Observatoire une fois de retour dans leur pays pour former peu à peu un réseau de spécialistes capables d’alimenter l’Observatoire et de communiquer les résultats des travaux qui s’y déroulent.

À terme, l’Observatoire de la Francophonie économique sera au cœur d’un réseau de centres d’expertise et aura des retombées majeures pour les activités de l’OIF et des organisations internationales partenaires, et pour les politiques gouvernementales au sein de la Francophonie.