La FAECUM a 40 ans

La une du premier numéro de «Continuum», le journal officiel de la FAECUM, le 6 septembre 1977.

La une du premier numéro de «Continuum», le journal officiel de la FAECUM, le 6 septembre 1977.

Crédit : Division de la gestion de documents et des archives

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Le plus important regroupement d’associations étudiantes de campus du Québec a une longue histoire de services aux étudiants.

«La FAECUM a toujours fait preuve de beaucoup de rigueur dans ses dossiers. Elle a démontré aussi une grande maturité dans ses échanges avec la direction de l’Université et ses membres même dans les moments difficiles. Cela explique en partie sa pérennité», indique le secrétaire général de l’Université de Montréal, Alexandre Chabot, lorsqu’on évoque la longévité de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM). Le plus important regroupement d’associations étudiantes de campus du Québec fête ses 40 ans.

Alexandre Chabot s’en réjouit. «Cela facilite grandement les choses sur le plan de la communication d’avoir une organisation qui regroupe toutes les associations de programmes de l’UdeM», dit celui qui a été successivement, de 1994 à 1997, coordonnateur aux affaires académiques et secrétaire général à la FAECUM.

Si la Fédération s’est maintenue, c’est qu’elle est utile. Parmi ses réalisations, mentionnons la création de la radio CISM en 1985, l’instauration du Fonds d’investissement des cycles supérieurs en 1990, l’augmentation du salaire des auxiliaires d’enseignement en 2001, l’adoption par l’Université d’une politique d’achats et de placements responsables en 2003, l’implantation du régime d’assurance médicale et dentaire pour l’ensemble des étudiants de l’UdeM en 1997, l’arrêt de la vente d’eau embouteillée sur le campus en 2013, la création du règlement disciplinaire sur la fraude et le plagiat en 2014, l’augmentation de la durée du congé parental accordé aux étudiants financés par des conseils de recherche en 2015 et, bien sûr, la participation à plusieurs campagnes nationales visant à défendre les intérêts des étudiants. La FAECUM aura été de tous les combats, de la mise en place de la Fédération étudiante universitaire du Québec en 1989 à sa participation à la gigantesque grève des étudiants d’avril 2005 et au printemps érable en 2012.

«L’histoire de la FAECUM est liée à celles de l’Université et du Québec», affirme M. Chabot, qui a notamment participé à l’élaboration de la plateforme des États généraux sur l’éducation, où l’on réclamait entre autres que l’éducation devienne l’une des priorités du gouvernement. En 1995, la Fédération a aussi joué un rôle de premier plan dans la constitution d’un mouvement étudiant à l'occasion du référendum. Avec les anciens militants Jonathan Valois et François Rebello, le sociologue de formation qui s’est joint à la direction de l'UdeM en 1999 aura été témoin de nombreux évènements qui ont occupé le bureau de la Fédération, dont la fermeture du bar Le Clandestin, en 1996.

La FAECUM s’est engagée dans plusieurs dossiers politiques majeurs, parmi lesquels «l’affaire Pepsi». On se rappellera que l’entente entre Pepsi-Cola et l’UdeM ratifiée en 1999, à la 337e séance de la Fédération, accordait à la mégaentreprise les droits de la distribution exclusive de la boisson sur le campus en échange d’une somme de 6,4 M$. Pepsi-Cola verse aux étudiants des ristournes sur les ventes que la Fédération remet sous forme de bourses et d’emplois rémunérés. Cependant, plusieurs membres ont déploré la situation de conflit d’intérêts dans laquelle s’est placée leur fédération. «La FAECUM a payé le prix du débat sur l’intrusion de l’entreprise privée à l’Université», écrit Denis Gravel, auteur de l’Histoire de la FAECUM, parue en 2006.

De mémorables spectacles de la rentrée, des soirées Bols et Bolles, un jeu-questionnaire public où des équipes testent leurs connaissances générales, des activités sportives et des épluchettes de blé d’Inde à la place de La Laurentienne sont aussi gravés dans la mémoire collective. «La FAECUM, c’est une longue histoire de services aux étudiants», résume Alexandre Chabot.

Un nouveau grand dossier

À l’image de la structure de l’établissement, la FAECUM parvient à garder l’identité des différentes unités facultaires en regroupant les 82 associations étudiantes du campus, qui représentent quelque 40 000 membres. 

Financée au début par des subventions, des dons et des cotisations que payaient des associations puis, à partir de 1981, par les cotisations des étudiants, la FAECUM a longtemps assuré une large représentativité de ses membres sur le campus grâce à son journal Continuum et à sa station de radio CISM. Aujourd’hui, les médias sociaux ont pris le relais du défunt journal, mais CISM, au 89,9 sur la bande FM, demeure la référence en musique alternative et émergente à Montréal en plus de servir de tremplin à la relève dans les arts.

Logo de la FAECUM en 1976

Crédit : Division de la gestion de documents et des archives

L’historien et diplômé de l’UdeM Denis Gravel relate les grands pans historiques et les luttes de la FAECUM à l’échelle nationale de 1976 à 2006 et évoque l’ancrage de la Fédération dans la vie démocratique du Québec. L’ouvrage, commandé par la FAECUM à l’occasion de son 30e anniversaire, présente les faits dans une perspective objective et apporte une contribution utile à la connaissance, encore peu développée à l’époque au Québec, du mouvement étudiant. Il permet de constater les effets de son engagement social et politique sur la vie des étudiants et des Québécois.

À quoi ressemblera la FAECUM des prochaines années? «La FAECUM continuera de défendre les droits des étudiants, l’accessibilité aux cycles supérieurs ainsi que la qualité et le financement de l’éducation et de la recherche, fait valoir Andréanne St-Gelais, secrétaire générale de la FAECUM. De plus, avec la vaste enquête sur la santé psychologique menée l’année dernière, un nouveau grand dossier est ouvert afin d’améliorer la condition étudiante à l’Université de Montréal.»