Selon un récent sondage, les Canadiens partout au pays souhaitent que le gouvernement favorise les énergies propres

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Respirer un air plus sain, améliorer la santé publique, accroître l’innovation, tels en seraient les avantages, d’après les répondants.

Une grande majorité de Canadiens souhaite que le gouvernement fasse plus de gestes concrets pour limiter la pollution qui cause le réchauffement climatique, par exemple en stimulant la production de véhicules et autres biens écoénergétiques et en misant plus sur les énergies propres, selon un nouveau sondage national réalisé par des chercheurs de l’Université de Montréal.

Mené en octobre auprès d’un échantillon représentatif de 1200 personnes, le sondage révèle que 73 % des Canadiens veulent que leurs gouvernements agissent davantage pour empêcher que les changements climatiques prennent de l’ampleur.

La plupart des Canadiens veulent voir tous les paliers de gouvernement diminuer l’accent mis sur les combustibles fossiles comme le charbon (73 % des répondants) et le pétrole (60 %) et augmenter le développement des énergies propres comme le solaire (85 %) et l’éolien (71 %).

Les Canadiens croient que la transition vers les énergies propres aurait d’importantes retombées bénéfiques comme une amélioration de la qualité de l’air et de la santé publique (38 % des répondants), une diminution de la pollution carbonée (20 %), un accroissement des innovations technologiques (17 %), une sécurité énergétique renforcée et une stabilisation des prix de l’énergie (11 %) et la création d’emplois dans le domaine de l’économie verte (9 %).

Le sondage indique également que l’appui des Canadiens à certaines politiques est conditionnel aux répercussions que pourraient avoir ces mesures. Par exemple, le taux d’appui à la tarification du carbone (72 % des répondants) chute lorsqu’on y associe une augmentation de 2 cents (60 %) ou de 11 cents (46 %) le litre d’essence à la pompe. Ces hausses du prix à la pompe correspondent au coût estimé de la tarification du carbone à 10 $ la tonne et 50 $ la tonne en 2018 et 2022 respectivement, comme le propose le gouvernement fédéral.

«Après avoir mis durant des années tous nos œufs dans le panier d’une économie fortement dépendante du carbone, ce sondage montre que les Canadiens sont prêts à changer leurs modes de production d’énergie, affirme Erick Lachapelle, chercheur principal pour ce sondage et professeur agrégé au Département de science politique de l’UdeM. Les Canadiens sont conscients des avantages que leur procurerait la transition vers les énergies propres. Toutefois, cette transition devra être amorcée par les gouvernements, puisque plusieurs Canadiens demeurent réticents à en assumer les frais.»

En revanche, le sondage démontre une vaste adhésion à un ensemble d’autres politiques visant à limiter les émissions de GES au Canada. La grande majorité des Canadiens souhaite voir l’implantation de nouvelles politiques favorisant les énergies renouvelables (87 % des répondants), les véhicules électriques (81 %) et l’efficacité énergétique (plus de 90 %).

«Si le Canada entend respecter ses engagements internationaux, il lui faudra implanter de nouveaux règlements en matière d’économie de carburant et d’efficacité énergétique dans le bâtiment. Que ce soit chez les membres du Parti vert, les néo-démocrates, les libéraux ou les conservateurs, de telles mesures sur l’efficacité énergétique obtiennent l’aval des Canadiens, quelle que soit leur orientation politique», confie Erick Lachapelle.

Ce sondage a été effectué pour le compte d’EcoAnalytics, une nouvelle organisation collaborative vouée à la recherche et dirigée par des chercheurs universitaires ainsi que par des organismes de bienfaisance et des organisations à but non lucratif du domaine environnemental. Un deuxième sondage d’importance, qui sera fait au début de 2017, portera sur l’opinion des Canadiens quant à divers enjeux environnementaux tels que la qualité de l’air et de l’eau, la protection des écosystèmes marins et terrestres, la conservation des espèces, les ceintures vertes périurbaines, les lois sur l’environnement, les contaminants, etc. EcoAnalytics veut faciliter l’accès à des données statistiques inédites de manière à stimuler l’émergence de politiques et à susciter des débats publics éclairés en ce qui concerne les enjeux environnementaux.

Méthodologie du sondage

Le sondage Climat en mutation a été réalisé entre le 5 et le 18 octobre 2016 à l’aide de la méthode de composition aléatoire de numéros de téléphones fixes et mobiles afin de joindre un échantillon stratifié et représentatif de 1200 Canadiens de 18 ans et plus. La marge d’erreur des résultats est de ±2,83 %, 19 fois sur 20.

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