Les deux facultés de pharmacie préoccupées par la diplomation des futurs pharmaciens

Les pharmaciens communautaires contribuent annuellement à environ 350 000 heures d’encadrement sans rémunération auprès des stagiaires.

Les pharmaciens communautaires contribuent annuellement à environ 350 000 heures d’encadrement sans rémunération auprès des stagiaires.

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La situation qui prévaut actuellement entre les pharmaciens et le gouvernement inquiète les deux facultés de pharmacie. Les répercussions pourraient être importantes pour la formation de la relève.

Les deux facultés de pharmacie du Québec s’inquiètent de la situation qui prévaut entre les pharmaciens et le gouvernement provincial. Si cela devait perdurer, les répercussions seraient importantes pour la formation de la relève en pharmacie et compromettraient la mission essentielle de l’Université Laval et de l’Université de Montréal. La population ne pourra que subir les contrecoups d’une arrivée tardive de diplômés sur le marché du travail dans les pharmacies communautaires, mais aussi dans les établissements de santé du réseau public, où une pénurie d’effectifs pharmaceutiques est toujours observable.

Malheureusement, un climat tendu subsiste depuis maintenant deux ans et trouve son origine dans l’adoption de divers projets de loi à l’Assemblée nationale. Cette négociation ardue avec le gouvernement au sujet de la rémunération des pharmaciens met en péril la formation de la relève en pharmacie. En effet, les pharmaciens sont plus nombreux à prendre la décision de suspendre leurs activités de supervision des stagiaires dans leur pharmacie. Avec la stagnation de ces négociations et l’instabilité générée par les modifications importantes imposées au modèle d’affaires des pharmaciens, ce mouvement pourrait prendre de l’ampleur comme solution de dernier recours chez plusieurs pharmaciens pour qui la qualité et la diligence dans les soins et services rendus à leurs patients ne sauraient faire l’objet de compromis.

Les facultés de pharmacie du Québec pressent le gouvernement du Québec et les pharmaciens propriétaires de trouver rapidement un terrain d’entente et, surtout, de développer une vision contemporaine et pragmatique à propos du rôle des pharmaciens et pharmaciennes du Québec. Le nouveau modèle d’affaires préconisé devrait permettre d’utiliser pleinement leur formation professionnelle de grande qualité, au bénéfice de leurs patients, mais aussi des autres professionnels de la santé et des services sociaux participant au mieux-être de la population.

Respectueuses de l’autorité gouvernementale et du dévouement dont font preuve les représentants des associations de pharmaciens dans leurs revendications, les facultés de pharmacie de l’Université Laval et de l’Université de Montréal témoignent leur soutien à l’égard de ces nombreux pharmaciens qui les accompagnent dans leur mission d'enseignement. Les pharmaciens communautaires contribuent annuellement à environ 350 000 heures d’encadrement sans rémunération auprès des stagiaires inscrits à l’une ou l’autre des deux facultés de pharmacie du Québec (Université Laval et Université de Montréal). Ainsi, la proportion des apprentissages faits en milieu professionnel s’établit à 25 % du programme d’études des futurs pharmaciens du Québec. Les stages constituent un type d’apprentissage essentiel dans la formation de tout professionnel de la santé en permettant le développement de compétences professionnelles axées directement sur la prestation des soins et services à la population.

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