Madeleine Huot et Catherine Cousineau obtiennent une Bourse du 6-Décembre

Le recteur, Guy Breton, entouré de Madeleine Huot et de Catherine Cousineau, lauréates d'une Bourse du 6-Décembre.

Le recteur, Guy Breton, entouré de Madeleine Huot et de Catherine Cousineau, lauréates d'une Bourse du 6-Décembre.

Crédit : Andrew Dobrowolskyj

En 5 secondes

Les noms des deux lauréates ont été dévoilés le 6 décembre par le recteur, Guy Breton, à la suite de la projection du film «He Named Me Malala».

Le Comité permanent sur le statut de la femme de l’UdeM a décerné une Bourse du 6-Décembre aux doctorantes Catherine Cousineau et Madeleine Huot, dont les travaux visent à mieux comprendre, pour mieux l'éradiquer, la violence envers les femmes.

Instaurée en 2005, cette bourse commémore la tragédie de Polytechnique Montréal en soutenant la recherche sur les meilleurs moyens d'enrayer la violence faite aux femmes. D’une valeur de 5000 $, elle est accordée selon la qualité du dossier scolaire, la qualité scientifique du projet et sa pertinence au regard des enjeux liés à la violence exercée sur les femmes.

Catherine Cousineau

Dans ses études de doctorat au Département de psychologie de l’UdeM, Catherine Cousineau se penche sur l’interaction des traits psychopathiques et de l’attachement dans la violence conjugale sous la direction du professeur Christopher Earls.

Au Canada, la violence conjugale est un important problème de société qui touche 1 femme sur 10. On rapporte que 40 % des homicides commis sur les femmes seraient perpétrés par leur conjoint ou leur ex-conjoint (Statistique Canada, 2016). Les répercussions sur la santé psychologique et physique de la violence faite aux femmes en situation conjugale sont dévastatrices: affaiblissement de l’estime de soi, dépression, anxiété, insomnie, trauma crânien, isolement, honte, tentative de suicide. Dans ce contexte, on explique difficilement pourquoi 50 % des victimes retournent dans leur relation empreinte de violence après l'avoir quittée. Jusqu’à ce jour, plusieurs variables ont été mises en relation avec la violence conjugale. Certaines études ont permis de cibler des facteurs externes qui encouragent les femmes à entretenir une relation avec un partenaire abusif: crainte pour la sécurité de l'enfant, manque de services, soutien inadéquat et ressources financières insuffisantes.

Parallèlement, plusieurs auteurs rapportent que ce serait plutôt des facteurs internes comme certains traits de personnalité et styles d'attachement qui expliqueraient davantage pourquoi une femme est victime de violence et pourquoi elle reste dans une relation de violence conjugale. Dans son projet de recherche, Catherine Cousineau évalue l’influence de l’attachement des deux partenaires dans la violence conjugale.

Madeleine Huot

Madeleine Huot, qui fait son doctorat à École de travail social de l’UdeM, étudie l’expérience des femmes victimes de violence conjugale qui ont eu recours à la médiation. Elle travaille sous la direction de la professeure Sonia Gauthier.

Le recours à la médiation familiale est assez récent au Québec. Les dernières balises mises en place pour mieux encadrer la pratique datent d'une dizaine d'années seulement. La sensibilisation des médiateurs à l'égard de la problématique de la violence conjugale et les outils de dépistage de celle-ci sont nouveaux également. Dans son projet de recherche, l’étudiante tente de comprendre comment les femmes victimes de violence conjugale engagées dans une médiation familiale ont vécu leur expérience.

Les objectifs de Mme Huot sont les suivants: savoir comment le sujet de la violence conjugale a été abordé avec la femme qui en est victime; comprendre comment chaque médiation a été adaptée en fonction de la présence de violence conjugale dans la situation étudiée afin de mieux répondre aux besoins et aux désirs de la femme qui a subi ce type de violence tout en assurant sa sécurité tout au long du processus; désigner les défis et les préoccupations rencontrés par les femmes victimes de violence conjugale pendant la médiation; et déterminer les facteurs qui ont aidé ou ont fait obstacle au déroulement de la médiation et à l'établissement d'une entente à la fin de la médiation.

Les noms des deux lauréates ont été dévoilés par le recteur, Guy Breton, à la suite de la projection du film He Named Me Malala, présentée le 6 décembre à l’occasion des 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe.