L'UdeM participe à la francisation des commerçants de Côte-des-Neiges

Des étudiants de l’UdeM visiteront des commerçants de la Plaza Côte-des-Neiges afin de les aider à renforcer l'usage du français.

Des étudiants de l’UdeM visiteront des commerçants de la Plaza Côte-des-Neiges afin de les aider à renforcer l'usage du français.

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Dans le cadre d’un projet pilote, des étudiants de l’UdeM visiteront des commerçants de la Plaza Côte-des-Neiges afin de les aider à renforcer l'usage du français.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et le Bureau de valorisation de la langue française et de la Francophonie de l'Université de Montréal unissent leurs forces pour offrir un programme de mentorat en français à de petits commerçants issus de l'immigration.

Dans le cadre de ce projet pilote, qui démarrera ce mois-ci et s’étendra sur trois mois, une vingtaine d'étudiants en enseignement du français langue seconde, en didactique du français, en linguistique, en traduction ou en littératures de langue française visiteront, deux heures par semaine, une trentaine de commerçants volontaires de la Plaza Côte-des-Neiges, un centre commercial du chemin de la Côte-des-Neiges. «Les étudiants iront les rencontrer dans leurs commerces, pendant les heures de travail, afin de les aider à renforcer l'usage du français, notamment à l’accueil», explique Monique Cormier, vice-rectrice associée à la langue française et à la Francophonie et directrice du Bureau de valorisation de la langue française et de la Francophonie de l'UdeM.

La démarche est une initiative de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui met en place depuis 2008 des mesures en matière de francisation dans les entreprises. «Ce projet pilote est une nouvelle stratégie qui vise à mieux s'arrimer aux besoins des petits commerçants issus de l'immigration. Malgré leur bonne volonté d'apprendre le français, ces entrepreneurs manquent souvent de temps, entre le travail et les obligations familiales, pour suivre des cours, mentionne Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM. D'où la mise en œuvre de cette approche novatrice, dépourvue d'une évaluation stressante, comme c'est le cas lorsqu'ils visent une certification.»

S’engager dans la communauté

L'organisation qui regroupe le milieu des affaires a sollicité l'UdeM pour la réalisation de ce projet. Ce partenariat donne l'occasion à l'établissement universitaire de s'engager d'une autre façon dans sa communauté, soit l'arrondissement de Côte-des-Neiges−Notre-Dame-de-Grâce, où se trouve son campus principal, et d'y valoriser la langue de Gaston Miron.

«Depuis quelques années, l'Université de Montréal s'engage de plus en plus dans la promotion du français, non seulement sur le plan international, avec notamment la création récente d'un observatoire de la Francophonie économique, mais aussi à l’échelon local», dit Monique Cormier. Dans une allocution récente, le recteur Guy Breton parle d'un virage vers une université citoyenne, plus ancrée que jamais dans sa communauté. «Avec ses ressources et ses compétences, l'UdeM croit aussi qu'elle peut travailler conjointement avec l'État dans l'intérêt collectif», souligne Mme Cormier.

Pour ce projet pilote, l'UdeM a donc fait appel aux étudiants ‒ la CCMM a reçu plus de 80 dossiers de candidats désireux de devenir mentors ‒, participe à l’élaboration du contenu de la formation et assure la supervision didactique des étudiants.

Monique Cormier

Crédit : Rémy Boily

Quant à la CCMM, elle a recruté les commerçants volontaires et finance le programme, avec l’aide du gouvernement du Québec. Les deux partenaires en mesureront ensemble les résultats concrets.

En plus de leur déplacement hebdomadaire de deux heures, les formateurs étudiants seront payés deux autres heures par semaine afin de préparer leurs rencontres. «Nous avons pensé aux étudiants, car les heures de travail s'ajustent bien à la vie universitaire», indique Michel Leblanc. Pour leur donner toutes les chances de réussir, les mentors seront accompagnés tout au long du processus. «Nous ne les laisserons pas seuls dans un environnement qui leur est probablement étranger», rassure Monique Cormier.

Mieux intégrer ces commerçants à la société québécoise

Les formateurs vivront assurément une expérience enrichissante, car ils auront la chance de côtoyer des gens de diverses origines tout en prenant conscience de leur réalité. «Les mentors seront aussi à l'avant-garde de l'avancée du français dans un quartier multiethnique à Montréal, là où se joue le sort de la langue française en Amérique du Nord», affirme Mme Cormier. Cette formation accélérera l'intégration des commerçants à la société québécoise, tout en leur donnant des outils pour mieux gagner leur vie. «Ils pourront ainsi servir avec plus d'aisance la clientèle francophone», ajoute Mme Cormier.

Cette expérience, qui pourrait être reproduite ailleurs, sera accompagnée d'une campagne de sensibilisation, menée par la CCMM, auprès des résidants du quartier Côte-des-Neiges et des étudiants de l’UdeM afin qu'ils prennent conscience de leur «francoresponsabilité». «À l'aide de publicités, on va les encourager à demander des services en français de façon que les commerçants mettent en pratique la langue de leur pays d'accueil», conclut Michel Leblanc.

Simon Diotte
Collaboration spéciale