Des professeurs signent une bédé par semaine sur les présidentielles françaises

  • Forum
  • Le 6 février 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
Le candidat aux présidentielles françaises François Fillon inaugure la série de bandes dessinées réalisées avec des politologues.

Le candidat aux présidentielles françaises François Fillon inaugure la série de bandes dessinées réalisées avec des politologues.

Crédit : Anne-Laure Mahé

En 5 secondes

Universitaires et bédéistes français et québécois collaborent à un projet de production hebdomadaire d’une bande dessinée par semaine jusqu’au printemps.

François Fillon, qui veut être élu président de la République française à l’élection du 23 avril prochain est-il de droite? Cela semble aller de soi, puisque son parti, Les Républicains, incarne une idéologie conservatrice et prône une économie libérale typique de la droite. Mais ce n’est pas si simple, car François Fillon est considéré comme trop conservateur ou trop radical au sein même de son parti. «C’est qu’il n’y a pas qu’une droite!» peut-on lire sur une bande dessinée lancée le 2 février sur le site du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM) et sur la page Facebook du projet Dessinons les élections.

Intitulée «François Fillon est-il de droite?», cette première histoire débute par une image de sa victoire à l’investiture du 27 novembre dernier. Après un retour sur le clivage gauche-droite en politique française (un phénomène qui remonte à l’Assemblée constituante de 1789), on y voit le candidat républicain affublé d’un costume napoléonien et drapé d’une étoffe monarchique. «De quelle droite François Fillon est-il l’héritier?» demande la dernière case. D’un mélange de 20 % d’orléanisme, de 20 % de bonapartisme et de 60 % de légitimisme, dit la légende.

«Nous souhaitons démythifier la politique française sur un ton léger, voire humoristique», explique la bédéiste Anne-Laure Mahé, qui a eu l’idée de cette série qui présentera, chaque semaine jusqu’au printemps, une nouvelle histoire qui tient sur deux planches. C’est elle qui signe les illustrations de la bédé inaugurale, mais d’autres artistes du neuvième art (Léa Mazé, Pierre Nocerino, Martin Patenaude-Monette et Emanuelle Vanupie-Dufour) prendront la relève en compagnie d’un universitaire qui assure le contenu scientifique. C’est Frédéric Mérand, directeur du CERIUM, qui a écrit le scénario d’ouverture, mais trois autres professeurs de l’UdeM (Valérie Amiraux, Jean Bérard et Marc-Antoine Dilhac) et le directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po du Centre national de la recherche scientifique (France), Martial Foucault, font partie de l’équipe.

«L’alliance entre la bédé et les sciences se développe depuis quelques années avec succès, comme le montrent le cas de La revue dessinée et l’apparition de collections de vulgarisation dans des maisons d’édition comme Casterman et Le Lombard, peut-on lire dans le descriptif du projet. Grâce au dessin, le lecteur s’empare plus aisément de savoirs, d’analyses et d’informations qui pourraient lui échapper autrement.»

On ne trouvera pas dans la bande dessinée de caricatures ou de satire politique. La bédé se veut plutôt un moyen de diffuser des connaissances avec «rigueur et neutralité», souligne Mme Mahé, qui rédige actuellement une thèse de doctorat en science politique à l’UdeM. «Pour vous donner une idée plus précise de notre travail, parmi les sujets envisagés se trouvent le fonctionnement du mode de scrutin, la place des femmes dans cette élection, la place de l'Union européenne dans la campagne. Nous aborderons bien entendu d'autres enjeux au fur et à mesure qu’ils apparaîtront durant la campagne.»