Des bibliothécaires pour soutenir les jeunes chercheurs

Une relation professionnelle s'est développée entre la bibliothécaire Michèle Leroux et la docteure en droit Kamelia Kolli grâce au programme de jumelage bibliothécaires et doctorants de la Faculté de droit.

Une relation professionnelle s'est développée entre la bibliothécaire Michèle Leroux et la docteure en droit Kamelia Kolli grâce au programme de jumelage bibliothécaires et doctorants de la Faculté de droit.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Le programme de jumelage doctorants et bibliothécaires de la Faculté de droit fait gagner du temps et améliore la qualité de la recherche.

Chercher un texte juridique à partir d’une centaine de bases de données qui comprennent chacune des milliers de documents peut être ardu… Même pour un étudiant au doctorat! Voilà l’une des raisons pour laquelle la Bibliothèque de droit de l’Université de Montréal, en collaboration avec la Faculté de droit, a mis sur pied un programme de jumelage pour faciliter ce type de recherche.

Destiné aux étudiants de troisième cycle nouvellement admis à la Faculté de droit, le programme de jumelage doctorants et bibliothécaires offre une structure d’accueil et de soutien afin que les jeunes chercheurs s’approprient dès le début de leur parcours les ressources et services qui leur sont offerts dans le réseau des bibliothèques et plus particulièrement à la Bibliothèque de droit.

«Notre rôle est de rendre les doctorants autonomes et efficaces dans l’exploitation des ressources documentaires. Notre but est de les aider à maîtriser les techniques de recherche et de leur proposer des outils pour gérer l’information», résume Michèle Leroux, bibliothécaire à la Faculté de droit qui participe à ce programme depuis son implantation, en 2008.

Cette avocate de formation spécialisée en recherche, puis convertie à la bibliothéconomie il y a 10 ans, a accompagné près d’une cinquantaine d’étudiants dans leurs travaux de doctorat. Kamelia Kolli est du nombre. «C’est un programme personnalisé qui offre une aide essentielle, surtout aux étudiants étrangers qui ne sont pas familiarisés avec les services et outils à leur disposition. L’accompagnement de Mme Leroux m’a permis d’apprendre à gérer l’information de manière efficace pour optimiser mon temps et ne pas me noyer dans les tonnes d’informations», confie cette docteure en droit dont la thèse, intitulée Droit du transport intermodal international de marchandises: une perspective «supply chain management», a été publiée aux Éditions Thémis en 2016.

Un soutien à plusieurs volets

À la bibliothèque de la Faculté de droit, les étudiants bénéficient d’un accès à 91 bases de données juridiques et à plus de 200 000 documents, dont quelque 80 000 livres et 1000 abonnements, qui permettent d'accéder à 2900 titres de périodiques. «On peut facilement s’y perdre. Il faut donc adopter des stratégies de recherche», signale Mme Leroux. Dans le cadre du programme de jumelage, l’équipe composée de quatre bibliothécaires aide les doctorants à comprendre les bases de données comme LexisNexis Quicklaw, Westlaw et HeinOnline pour leur permettre de repérer rapidement les ouvrages ou collections répondant à leurs besoins précis d’information.

Outre l’avantage de fournir une formation sur mesure à l’interrogation de certaines bases spécialisées, le programme permet d’établir un contact privilégié avec une personne-ressource de la bibliothèque. Par ce soutien, les bibliothécaires favorisent indéniablement la réussite scolaire et contribuent aux efforts de la faculté pour réduire la durée des études. «Avoir quelqu’un qui nous ouvre autant de portes documentaires et nous aide à garder le cap permet de mieux savoir où l’on s’en va. Cela est très important, car faire un doctorat est une longue route parsemée d’obstacles», affirme Kamelia Kolli.

En quoi consiste exactement le programme? «D’abord, il faut savoir qu’il repose sur une participation volontaire. Le programme comprend quatre rencontres individuelles portant sur des objectifs précis liés au travail de recherche documentaire des doctorants», explique Michèle Leroux. Puisqu’il s’agit de rencontres individuelles, il est possible d’adapter de manière très personnalisée le contenu de ces rencontres en fonction du sujet de recherche de l’étudiant. Par la suite, un suivi est effectué afin d’assurer le maintien de la relation.

«C’est une forme d’accompagnement complémentaire à celui du directeur et qui est nécessaire», mentionne Kamelia Kolli, qui a mené sa thèse sous la direction du vice-recteur aux affaires internationales et à la Francophonie, Guy Lefebvre, à l’époque doyen de la Faculté de droit.

L’aspect humain du programme est capital. «Les bibliothécaires connaissent notre sujet mais aussi notre personnalité. Elles voient quand ça va plus ou moins bien et elles deviennent vite un soutien psychologique», souligne Mme Kolli. Âgée de 30 ans, la chercheuse poursuit depuis septembre 2016 un postdoctorat en Chine en droit des transports, «un domaine fascinant connexe au commerce international et lié à une industrie vitale de notre économie». Malgré la distance géographique, elle continue de communiquer avec Mme Leroux. «J’ai encore besoin d’elle!» dit la jeune femme.

C’est une relation fructueuse de part et d’autre. «On reçoit autant qu’on donne, confirme la bibliothécaire. Des liens professionnels se tissent et progressivement tous les aspects de notre travail s’en trouvent améliorés, que ce soit sur le plan du développement des collections ou dans la conception de guides et outils pour la recherche.»

Formations et tutoriels en ligne

S’appuyant sur une démarche similaire entreprise à l’Université Yale, la Bibliothèque, de concert avec la Faculté de droit de l’UdeM, a lancé son programme après avoir constaté que les doctorants méconnaissaient les services, ressources et expertises qu'elle offrait. «Plusieurs hésitaient à venir nous consulter, car ils étaient gênés et ne savaient pas qu’on pouvait les aider, raconte Michèle Leroux. Comme ils n’osaient pas nous demander de l’aide, on est allées vers eux.»

Depuis 2008, la Bibliothèque de droit fait connaître le programme à tous les nouveaux étudiants de troisième cycle. Environ une centaine de doctorants ont à ce jour participé au programme de jumelage.

À noter que, depuis l’hiver 2014, la Bibliothèque des lettres et sciences humaines a un programme de jumelage entre bibliothécaires et doctorants en études cinématographiques. Également, de nombreuses activités de formation dans divers programmes ou en inscription libre sont proposées aux étudiants des trois cycles. Ils peuvent ainsi s’initier au catalogue Atrium, apprendre à exploiter de façon optimale Google, élaborer des méthodes de recherche avancée à partir des bases de données ou encore se familiariser avec l’utilisation de logiciels de gestion bibliographique comme EndNote ou Zotero. 

Pour plus d'information, consultez le calendrier des activités de formation et la section des guides et tutoriels en ligne du réseau des bibliothèques de l’UdeM.