Mettre la conduite responsable au cœur de la culture de l’UdeM

  • Forum
  • Le 17 février 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
Ghislaine Cleret de Langavant veut valoriser à tous les niveaux la conduite responsable en recherche.

Ghislaine Cleret de Langavant veut valoriser à tous les niveaux la conduite responsable en recherche.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Directrice du nouveau Bureau de la conduite responsable en recherche, Ghislaine Cleret de Langavant nous explique son rôle.

Formée en sciences et en bioéthique (elle est titulaire d’un baccalauréat en biochimie de l’Université McGill, d’une maîtrise en nutrition et d’un doctorat en éthique de l’Université de Montréal), Ghislaine Cleret de Langavant vient d’être nommée directrice du Bureau de la conduite responsable en recherche, nouvellement créé par le Vice-rectorat à la recherche, à la découverte, à la création et à l’innovation. Comptant près de 20 ans d’expérience dans le domaine des politiques de santé, elle a été conférencière dans de multiples congrès et conférences au Québec et ailleurs. Professeure associée au Département de gestion, d’évaluation et de politique de santé de l’UdeM depuis 2004 et présidente sortante de la Société canadienne de bioéthique (2012-2015), elle a siégé à de multiples comités d’éthique et d’évaluation des technologies de la santé. Elle répond à nos questions sur les défis qui l’attendent.

Vous êtes la première directrice du Bureau de la conduite responsable en recherche. Comment se définit votre mandat?

Des centaines de projets de recherche sont menés annuellement à l’Université de Montréal avec des volontaires humains et des animaux, projets qui doivent être approuvés respectivement par un des trois comités d’éthique de la recherche avec des êtres humains et par les deux comités de protection des animaux. Outre la coordination de ces comités, qui comptent neuf employés dont cinq experts, la mission du Bureau, telle que je la perçois, implique la mise en place d’une structure qui permettra la promotion certes de l’éthique de la recherche et de l’éthique animale, mais également de l’intégrité scientifique. Pour ce faire, j’aimerais amorcer mon mandat par l’orchestration d’un grand dialogue avec la communauté universitaire autour de ces questions. Ce dialogue est d’autant plus nécessaire que l’éthique de la recherche est trop souvent considérée par les chercheurs comme «un empêcheur de tourner en rond», une étape bureaucratique de plus à franchir avant de pouvoir amorcer la collecte de données. Cependant, l’évaluation éthique est essentielle, puisqu’elle assure le respect de la dignité humaine et de tous les aspects relatifs aux soins et à l’utilisation des animaux dans les projets de recherche. Ces notions doivent être des préoccupations centrales pour les chercheurs en tout temps.

Le mandat de mon bureau ne se limite pas, à mes yeux, à ces examens de protocoles. Il englobe la question de l’intégrité et de la probité intellectuelle. Il nous faut élaborer une culture de la conduite responsable dans laquelle tous pourront se reconnaître et s’engager. 

Les jeunes chercheurs sont-ils suffisamment bien formés en matière d’éthique?

Je ne peux pas répondre par oui ou par non à cette question. Je dois parvenir à cerner les forces et les faiblesses des parties avant de dresser la liste des besoins. Mon sentiment, c’est qu’il y a toujours des besoins en formation, mais il faut aller consulter les chercheurs là où ils sont pour évaluer le phénomène, et je m’engage à entamer ce dialogue. Globalement, je peux vous dire que le Québec n’est pas en retard sur les autres collectivités en ce qui concerne la réflexion éthique. 

Quel sera votre plus grand défi des prochaines années?

De contribuer au rayonnement de l’Université de Montréal aux échelons national et international, rien de moins! Je crois qu’il se fait ici des recherches de grande qualité, qui sont reconnues sur le plan scientifique. J’ai l’ambition de penser que l’Université peut aussi être reconnue pour la qualité éthique des recherches qui y sont conduites. D’ailleurs, en plus des études que nous effectuons directement auprès des chercheurs, j’ai l’intention de lancer une réflexion sur les enjeux éthiques entourant les grands projets structurants comme l’intelligence numérique et la recherche sur les mégadonnées.

Un autre défi que je me lance est de m’assurer que l’ensemble de la communauté adhère à une vision de l’éthique de la recherche et de l’intégrité scientifique qui est au cœur de la culture institutionnelle. L’Université de Montréal doit encourager l’innovation et la recherche, mais aussi l’éthique et l’intégrité scientifique. Avec les talents qu’on trouve ici, je suis optimiste…