À la recherche d'exoplanètes errantes dans notre coin de la Galaxie

Vue d'artiste d'une planète errante géante.

Vue d'artiste d'une planète errante géante.

Crédit : NASA/JPL.

En 5 secondes

Une étude de l'astrophysicien Jonathan Gagné menée en collaboration avec l'iREx conclut que la «banlieue solaire» serait peuplée de nombreuses planètes errantes, c'est-à-dire orphelines d'étoile.

La banlieue solaire recèlerait un grand nombre d'astres encore non détectés de taille et de masse s'apparentant aux planètes géantes du Système solaire. C'est ce que conclut une récente étude menée par l'astrophysicien Jonathan Gagné de la Carnegie Institution for Science en collaboration avec une équipe de chercheurs de l'Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx) de l'Université de Montréal. À la différence des exoplanètes, ces objets ne tourneraient pas autour d'un soleil. Ce serait des planètes errantes. Ces travaux sont publiés dans la revue The Astrophysical Journal Supplement Series.

Les chercheurs ciblent tout particulièrement les associations d’étoiles, c'est-à-dire de jeunes étoiles du même âge se déplaçant en groupe dans l'espace. Les associations sont un terreau fertile pour la chasse aux naines brunes (étoiles manquées) et aux planètes dites errantes (ou orphelines d'étoile).

Récemment, les premiers objets de masse planétaire de notre voisinage solaire ont été découverts dans l'une de ces associations, nommée TW Hya, située à quelque cent années-lumière. Ces objets de la taille de planètes géantes s'ajoutent aux quelques douzaines d'étoiles déjà connues de cette association qui se meuvent ensemble dans l'espace et qui sont âgées d'à peine 10 millions d'années.

Afin de savoir si encore davantage d'objets de masse planétaires se trouvent dans l'association TW Hya, Jonathan Gagné et son équipe ont effectué des mesures et des calculs pour tracer ce qu'on appelle la fonction de masse initiale, c'est-à-dire combien d'étoiles qui se forment en fonction de leur masse. Cette fonction permet de prédire le nombre total d'objets dans TW Hya et donc d'estimer le nombre de ceux qui n’ont pas encore été détectés.

«La fonction de masse initiale de TW Hya n'avait encore jamais été publiée» explique Jonathan Gagné.

Grâce à leur analyse, les chercheurs ont pu déterminer que plusieurs objets dont la masse se situe entre 5 fois et 7 fois la masse de Jupiter - l’unité de mesure que nous adoptons puisqu’il s'agit de la plus grosse planète de notre système solaire - attendraient d'être identifiés dans l'association TW Hya.

«L'association s'étend jusqu'à une distance de 250 années-lumière et nos instruments n’ont pas encore la sensibilité requise pour détecter des planètes errantes à cette distance. Donc, plusieurs sont encore à découvrir», ajoute M. Gagné.

Ressources pour les médias

  • Marie-Ève Naud
    Institut de recherche sur les exoplanètes de l'UdeM
    Tél: 514-343-6111, poste 7077
  • Julie Gazaille
    Université de Montréal
    Tél: 514 343-6796