La relance du Japon est en marche!

  • Forum
  • Le 13 mars 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
Le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, a entrepris d'audacieuses réformes économiques.

Le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, a entrepris d'audacieuses réformes économiques.

Crédit : Denis Mukundi / World Bank

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Le Centre d’études de l’Asie de l’Est célébrait ses quatre premières décennies d’existence au cours d’un colloque les 9 et 10 mars.

Les «trois flèches» du premier ministre nippon Shinzo Abe ont-elles atteint leurs cibles? «Il est encore trop tôt pour le dire, mais, depuis son élection en 2012, il n’a pas eu peur de lancer des politiques audacieuses», a affirmé Bernard Bernier au terme d’une analyse du plan de relance économique mis en œuvre par le chef d’État du Japon, livrée le 8 mars à l’occasion d’un colloque marquant le 40e anniversaire du Centre d’études de l’Asie de l’Est (CETASE) au Carrefour des arts et des sciences de l’Université de Montréal. Le recteur Guy Breton avait ouvert la rencontre en présentant l’un des invités de marque, David Malone, recteur de l’Université des Nations unies, à Tokyo.

En plus d’une hausse de l’inflation pour stimuler la consommation (première flèche) et d’une politique fiscale ouvertement néolibérale (deuxième flèche), le premier ministre japonais a entrepris des réformes structurelles en matière de commerce international et de commerce intérieur (troisième flèche). À ce chapitre, il a fait adopter des mesures favorisant l’entrée massive des femmes sur le marché du travail; jusque-là, il n’avait pas été perçu comme un champion de l’égalité.

Les mesures de création d’emplois ont eu quelques effets positifs rapides, mais qui se sont estompés par la suite. Les règlements consistant à libérer les travailleurs à 15 h pour leur permettre de consommer davantage n’ont pas donné les résultats souhaités. Au chapitre du commerce international, Shinzo Abe fondait beaucoup d’espoir sur l’Accord de partenariat transpacifique, duquel le nouveau président américain a promis de se retirer… Bref, il faudra attendre encore quelques années avant de pouvoir juger adéquatement de l’héritage de l’homme politique.

«Le Japon possède aujourd’hui la plus lourde dette du monde, dont la hausse équivaut à 230 % de son produit intérieur brut. Mais ce pays possède également une épargne collective gigantesque, qui le place dans une position avantageuse», a mentionné M. Bernier en traçant un bilan mitigé de ce que les économistes ont appelé les «abenomics», néologisme formé à partir du patronyme du chef d’État.

40 ans d’études est-asiatiques

Créé en 1976, le Centre d'études de l'Asie de l'Est rassemble les activités d’enseignement et de recherche sur l’Asie à l’Université de Montréal. À l’origine axé sur l’étude de la Chine, du Japon et de la Corée, il a progressivement étendu son champ de recherche aux autres pays de la région asiatique: Viêtnam, Philippines, Inde et pays indianisés du continent. Le Centre compte actuellement 15 professeurs actifs et autant de chargés de cours.

C’est la chargée de cours Lise Boisseau qui signe les œuvres exposées au Carrefour des arts et des sciences, une exposition organisée par la coordonnatrice Danielle Noiseux. Mme Boisseau, qui a étudié au CETASE, est devenue une spécialiste de la calligraphie au point de l’enseigner aujourd’hui. Sa démarche artistique s’inspire de cette expertise.