Sur les rives du Saint-Laurent

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Des bénévoles formés par des biologistes de l'UdeM testent l'environnement de 28 parcs de Montréal le long du fleuve Saint-Laurent.

Durant trois étés et automnes consécutifs, 69 «scientifiques citoyens» se sont promenés sur l’île de Montréal pour prélever des échantillons d’eau, de végétaux et de déchets dans 28 parcs municipaux longeant les rives du fleuve Saint-Laurent.

Formés par des chercheurs de l’Université de Montréal, les bénévoles faisaient partie d’un programme mondial appelé FreshWater Watch mis sur pied par l’Institut Earthwatch, une ONG environnementale située à Boston.

Ce qu’ils ont recueilli au cours de leurs collectes de mai à novembre des années 2013 à 2015 était positif, explique David Levesque, doctorant en biologie, qui a publié un article sur le sujet au début de février dans la revue Science of the Total Environment.

La moitié des parcs visités ont été classés comme étant «de bonne qualité», ce qui signifie que l’eau était plutôt claire, que les niveaux de nitrate et de phosphate étaient faibles et qu’il y avait peu de végétaux échoués sur les rives et peu de déchets. Et l’autre moitié? «Il n’y a pas de raison d’être alarmiste», déclare David Levesque, qui a mené l’étude supervisée par Antonia Cattaneo, une professeure de biologie de l’UdeM aujourd’hui retraitée. Les bénévoles étaient des employés du commanditaire du projet, la Banque HSBC.

«La qualité de l’eau à Montréal est raisonnablement bonne. Par rapport aux 25 autres villes dans le monde qui ont été étudiées [dans le cadre du programme FreshWater Watch], c’est à Montréal que la qualité de l’eau est la meilleure.»

Les normes environnementales sont plus strictes ici qu’ailleurs, ajoute l’étudiant. Dans une bonne partie de l’Asie, par exemple, les normes sont si souples ou si peu respectées que «les problèmes surgissent bien plus rapidement que chez nous».

Une surprise: l’absence relative de déchets sur les plages de Montréal. Il s’agissait surtout de restes de piqueniques (des canettes, des bouteilles et d’autres emballages), de mégots de cigarette et de matériel de pêche. Toutefois, des cyanobactéries (de type Lyngbya wollei) ont été trouvées dans 57 % des endroits analysés.

Des «scientifiques citoyens» très motivés

Les «scientifiques citoyens» qui ont collecté ces échantillons avaient reçu une formation d’une semaine et du matériel du Département de sciences biologiques de l’UdeM pour effectuer ce travail. «lls étaient très motivés et si nombreux que leur contribution a été bien plus importante que ce qu’une simple équipe de chercheurs universitaires aurait pu faire, rapporte David Levesque. C’est une façon intéressante de faire les choses qui pourrait être prometteuse pour l’avenir.»

Le travail environnemental des bénévoles s’ajoute maintenant à celui accompli par la Ville de Montréal, les autres municipalités et les ministères de l’Environnement du Québec et du gouvernement fédéral pour surveiller la qualité de l’eau autour de la métropole.

«L’un de nos objectifs est de trouver des outils simples, rapides d’utilisation et abordables dont la Ville pourrait se servir afin de se faire une meilleure idée de la biologie d’un lieu, dit David Levesque. Admettons que la Ville envisage d’ouvrir une nouvelle plage publique. Si tout ce qui la préoccupe est de savoir s’il y aura assez de places de stationnement, on doit lui rappeler que c’est la biologie qui compte.»

Journée mondiale de l'eau

La Journée mondiale de l'eau, instituée en 1993 par l'Organisation des Nations unies, a lieu le 22 mars de chaque année de façon à souligner les problèmes d'accès à l'eau potable.

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