Exposition « regard-e-moi » : éloge (poétique) de la femme mûre

Frédérique Dubé et Mélissa Giguère

Frédérique Dubé et Mélissa Giguère

Crédit : Mélissa Giguère

En 5 secondes

Agente de communication à l'IRSPUM, Frédérique Dubé et sa complice photographe Mélissa Giguère, tiennent une exposition poétique sur la représentation iconographique de la femme vieillissante.

Comment vit-on sa féminité lorsqu’on est à l’automne de son existence? « La femme est belle à 20 ans, à 40 ans, à 60 ans comme à 80 ans », de répondre Frédérique Dubé, agente de communication à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal de profession… et poète de coeur!

Frédérique Dubé et Mélissa Giguère – une amie photographe de longue date – ont entrepris d’enrichir l’iconographie de la femme qui avance en âge, trop souvent malmenée dans l’histoire de sa représentation : à l’occasion du Festival de la poésie de Montréal, elles tiennent l’exposition « regard-e-moi » à la Librairie Bonheur d’occasion – un nom prédestiné pour l’événement qui a lieu du 30 mai au 5 juin.

Changer l’imaginaire collectif des femmes vieillissantes

La démarche des deux artistes en est une qui relève de l’histoire de l’art. Elles ont effectué une recherche non exhaustive, mais élaborée, sur la représentation iconographique de la femme vieillissante à travers les siècles, et ce, à travers les beaux-arts et la photographie.

« Nous avons constaté qu’avant le XXe siècle, les femmes âgées sont généralement associées à la folie, à la mort ou à la sorcellerie, dans les différentes œuvres, explique Frédérique Dubé. En revanche, l’homme mûr représente la sagesse, l’accomplissement, le patriotisme afin de susciter l’admiration. »

Et, au cours du dernier centenaire, l’image de la femme âgée ne s’est guère améliorée, malgré la montée du féminisme, juge-t-elle.

« Nous avons donc décidé de rendre hommage aux femmes qui avancent en âge avec bonheur et qui vivent bien leur féminité, en montrant à quel point elles peuvent être positives, lumineuses et inspirantes », indique Mélissa Giguère.

Dans l’intimité de trois écrivaines

Misant sur leur talent respectif de poète et de photographe, les deux artistes ont approché trois écrivaines et poétesses québécoises bien connues « qui ont des profils différents et complémentaires », ajoute Frédérique Dubé. Les trois dames ont accepté de s’exprimer librement sur leur conception du vieillissement, et se sont prêtées au jeu d’être mannequins d'un jour à leur façon.

« Louise Dupré est orientée sur la santé : elle fait attention à ce qu’elle mange, elle reste active physiquement et intellectuellement avec ses livres, et elle se dit heureuse comme jamais, relate Mme Dubé. L’écrivaine de 67 ans conserve un aspect coquet dans sa façon de se présenter aux autres. »

« La poète Violaine Forest, elle, est en communion avec la terre et les éléments naturels, poursuit Frédérique Dubé. Elle aime jardiner et, à 60 ans, elle considère que vieillir est un luxe, voire un privilège, qu’elle enjolive avec l’art de la table: elle adore cuisiner ».

« Âgée de 70 ans, la poète innue Joséphine Bacon considère pour sa part que la féminité n’est pas un enjeu dans sa vie : elle se définit surtout comme une nomade, elle qui a vécu son enfance dans la toundra, renchérit Mélissa Giguère. Elle écrit en utilisant des bouts de papier qu’elle trouve ici et là. Elle n’est pas attachée au matériel et elle se sent légère. »

Des univers transposés en photos et en poèmes

C’est chacun de ces trois univers que proposent Frédérique Dubé et Mélissa Giguère, à travers l’exposition « regarde-moi » : elles les transposent à la fois en poésie, en photo et en vidéo – les trois médiums se superposant de façon saisissante et réflexive.

Pour en savoir plus : Exposition « regard-e-moi »

Aide-mémoire :

Du 30 mai au 5 juin
Librairie Bonheur d’occasion
1317, av. du Mont-Royal Est

Vernissage : le jeudi 1er juin, de 17h à 19h

  • Louise Dupré

    Crédit : Mélissa Giguère
  • Violaine Forest

    Crédit : Mélissa Giguère
  • Joséphine Bacon

    Crédit : Mélissa Giguère