Prix du recteur 2017– Catégorie Diversité

En 5 secondes

L’équipe du Comité D-PHY du Département de physique remporte le Prix du recteur dans la catégorie Diversité. Annie Pullen Sansfaçon est désignée Coup de cœur.

L’Université de Montréal remettait le 24 mai ses Prix du recteur dans cinq catégories. Portraits des employés qui se sont distingués dans la catégorie Diversité.

Lauréate

Équipe Comité D-PHY – Julie Hlavacek-Larrondo, responsable du Comité: Département de physique, Faculté des arts et des sciences

Équipe Comité D-PHY - Julie Hlavacek-Larrondo
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Équipe Comité D-PHY - Julie Hlavacek-Larrondo

Coup de cœur

Annie Pullen Sansfaçon

Crédit : Amélie Philibert

Annie Pullen Sansfaçon

Professeure agrégée à l’École de travail social

Pourquoi la promotion de la diversité et, plus particulièrement, la lutte contre la transphobie sont-elles au cœur de votre carrière et de votre engagement citoyen?

La promotion de la diversité est fondamentale à mes yeux parce qu’elle constitue un des piliers de la discipline à laquelle j’appartiens: le travail social. Aussi, ma formation en éthique m’a appris que les idées ne sont pas toujours suffisantes et qu’il faut aussi mener des actions concrètes. Étant maman d’une jeune fille trans, j’ai été témoin de plusieurs inégalités et oppressions auxquelles les jeunes et moins jeunes personnes trans sont confrontées. Avec l’aide de collègues, d’autres familles et des jeunes eux-mêmes, incluant ma fille, nous avons réfléchi et agi pour couvrir les besoins les plus criants, dont l’amélioration du soutien aux familles, aux écoles et aux communautés dans lesquelles vivent les jeunes trans, ainsi que l’élargissement de la protection juridique de ces jeunes.

Justement, en quoi l’adoption de la Loi visant à renforcer la lutte contre la transphobie, qui a été élaborée à partir de vos travaux et de votre engagement, peut-elle réellement contribuer à améliorer la situation des enfants transgenres?

L’adoption de cette loi constitue un gain majeur, mais toutes les personnes transgenres ne sont pas égales au sens de la loi: les personnes trans migrantes ne peuvent notamment pas bénéficier des mêmes protections et droits que celles qui sont citoyennes canadiennes et plusieurs organisations ont encore du travail à faire pour mettre à jour leurs pratiques et offrir des milieux inclusifs aux personnes trans. Par exemple, les personnes trans ont beaucoup de difficulté à faire reconnaître leur réelle identité de genre et à se faire respecter par l’utilisation des bons noms et pronoms, à voir leur information protégée et leur dignité sauvegardée par des systèmes qui prennent en compte les identités transgenres. Bref, il reste du travail à accomplir malgré les avancées importantes, et les grandes organisations – telle l’Université – peuvent jouer un rôle important en favorisant l’accès à leurs services aux personnes trans.

Sur quel élément portent vos travaux de recherche actuellement? Et quel souhait formulez-vous pour vos projets futurs?

Je mène actuellement différentes recherches, dont une des premières études qualitatives à explorer en profondeur l’expérience des jeunes trans de 15 à 25 ans en portant une attention particulière au rôle des conditions sociales et des oppressions qui viennent influencer leur épanouissement. Ce projet se distingue en faisant appel aux personnes trans comme protagonistes, en leur donnant une voix et en les formant à la recherche. Je suis aussi engagée dans un projet visant à suivre des cohortes d’enfants et de jeunes transgenres qui ont accès aux inhibiteurs d’hormones et à l’hormonothérapie, ainsi que dans une toute nouvelle recherche destinée à comprendre et à soutenir les familles ayant un enfant transgenre dans leur action vers le changement social.

Enfin, j’entends continuer de contribuer à la mobilisation sociale afin de permettre aux enfants et aux jeunes trans de s’épanouir dans une société inclusive. 

Propos recueillis par Martin LaSalle