Bourse Rita-Dionne-Marsolais: un coup de pouce pour aller plus loin

Rita Dionne-Marsolais

Rita Dionne-Marsolais

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Souhaitant rendre hommage à deux femmes qui ont beaucoup compté dans sa vie et soutenir les étudiants à la maîtrise en sciences économiques, Rita Dionne-Marsolais a fait un don de 100 000 $ à l'UdeM.

Cette généreuse contribution permettra de remettre chaque année une bourse de recherche de 2500 $ et plus à un étudiant à la maîtrise en sciences économiques de l’Université de Montréal. Le sujet du mémoire primé devra permettre d’améliorer la compréhension de l’économie du Québec moderne et de sa place dans le monde. «En la comparant avec d’autres économies équivalentes sur le plan politique ou celui de la population, il sera possible de tirer des conclusions qui augmenteront nos chances de réussite. Nous avons besoin d’une relève dans cette discipline, et je veux encourager celle-ci à émerger», souligne Rita Dionne-Marsolais.

Une précieuse formation

Elle-même titulaire d’un baccalauréat en sciences économiques (1970) et d’une maîtrise en économétrie (1972), Rita Dionne-Marsolais dit devoir beaucoup à sa formation, qui lui a permis de connaître un remarquable parcours professionnel et politique. Elle a notamment été la première femme à occuper les postes de cadre à la haute direction d’Hydro-Québec (1976) et de délégué général du Québec à New York (1984) ainsi que la première ministre déléguée à l’Industrie et au Commerce du Québec (1996). Ministre au sein des gouvernements Parizeau, Bouchard et Landry, elle a été responsable successivement du Tourisme, de la Culture et des Communications, du Revenu, des Ressources naturelles et de l’Énergie.

«Pourtant, lorsque j’ai exprimé mon souhait de m’inscrire dans ce domaine, mon père n’était pas convaincu, car à l’époque, c’était une science nouvelle. Il aurait préféré que je choisisse la comptabilité. Mais il a changé d’avis lorsque Robert Bourassa, lui-même économiste, est devenu premier ministre! À ce moment-là, il s’est ravisé et m’a dit: “Sais-tu, Rita, c’est peut-être une bonne profession après tout…”», se rappelle Mme Dionne-Marsolais.

Toutefois, la question des études universitaires n’a jamais été remise en cause, car celles-ci étaient très valorisées dans la famille Dionne. «Mes parents disaient: on ne vous laissera pas d’héritage, mais de l’instruction. Pour ma mère, Alice, l’autonomie financière était une valeur essentielle et elle voulait que ses quatre filles soient capables de travailler pour gagner leur vie. J’ai été élevée dans cet esprit, dans l’idée qu’il faut travailler pour bâtir son avenir», explique Mme Dionne-Marsolais. Elle ajoute que sa belle-mère, Cécile Beaudoin (Marsolais), l’a également soutenue à travers toutes les difficultés de sa vie professionnelle, qui fut souvent accaparante. «Ma mère et Cécile avaient toutes les deux à cœur la réalisation de mon potentiel. C’était des féministes avant l’heure, des modèles inspirants», précise-t-elle.

Un coup de pouce pour sortir du lot

Par son don, Rita Dionne-Marsolais souhaite rendre hommage à sa mère et à sa belle-mère, deux femmes qui l’ont appuyée sans relâche. Elle espère aussi soutenir les étudiants, car les études sont exigeantes, en particulier quand il faut aussi gagner sa vie en parallèle. «Beaucoup s’arrêtent après le baccalauréat parce qu’ils sont épuisés. Je sais à quel point c’est difficile. Lorsque j’ai fait ma maîtrise, j’étais déjà employée à Hydro-Québec. Je travaillais pratiquement 20 heures par jour, je me réveillais la nuit pour prendre des notes!» se souvient Mme Dionne-Marsolais.

Elle invite d’ailleurs ses collègues, politiciens ou économistes, à faire eux aussi preuve de générosité. «La philanthropie n’est pas très implantée au Québec, or, je crois qu’il est important de donner. Ma génération a beaucoup reçu et elle devrait laisser quelque chose à son tour. Pour ma part, je ne désirais pas donner d’argent pour des murs et avoir une plaque à mon nom sur la porte d’un local… Je voulais plutôt aider des individus, alors, si cette bourse permet au moins à un étudiant de sortir du lot, mon objectif sera atteint.»