Denis Coderre: souvenirs de science po

Denis Coderre et le recteur Guy Breton

Denis Coderre et le recteur Guy Breton

Crédit : Amélie Philibert

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Le maire de Montréal, Denis Coderre, partage avec le recteur Guy Breton quelques souvenirs de ses années étudiantes passées à l’Université de Montréal.

Denis Coderre est le quatrième diplômé de l’UdeM à occuper le poste de maire de Montréal*. Il est président de l’aile québécoise des Jeunes libéraux du Canada lorsqu’il entreprend son baccalauréat en science politique en 1983. «Sur le campus, j’ai découvert un lieu pour débattre avec des gens passionnants, mais aussi pour apprendre la rigueur intellectuelle», se rappelle-t-il. Le recteur, Guy Breton, et lui reviennent sur leurs années d’études et sur l’évolution de Montréal.

Denis Coderre: Ce que je retiens le plus de mes années à l’UdeM, ce sont les rencontres que j’y ai faites. Ma gang faisait partie du renouveau libéral après la fin de l’ère Trudeau et l’élection de Brian Mulroney: mon war room de président des Jeunes libéraux, c’était à l’Université! Plusieurs professeurs ont marqué mon parcours, dont Robert Boily, Guy Bouthillier et Stéphane Dion, que j’ai suivi quelques années plus tard à Ottawa. Aussi, j’ai beaucoup appris de mes camarades et des discussions que nous avions à l’extérieur des cours, la plupart du temps au (défunt) Clandestin.

Guy Breton: Moi aussi, je passais du temps dans les bars… en tant que tromboniste. Pour payer mes études de médecine, je jouais dans un band de jazz. Je ne suis pas diplômé de l’UdeM, mais de l’Université de Sherbrooke et de l’Université McGill – c’est peut-être mon plus grand défaut! (Rires.) À Sherbrooke, nous avons été sensibilisés à l’importance de s’engager dans la communauté, de ne pas penser seulement à nos patients, mais à toute la population. C’est un enseignement qui m’a accompagné tout au long de ma carrière.

DC: Au bac, je me suis spécialisé en administration publique, alors je m’intéressais à ce qui se passait à l’Hôtel de ville, qui était à l’époque en pleine transition. C’était la fin d’un âge d’or. Avec l’Expo 67 et les Jeux olympiques de 1976, le maire Drapeau avait mis Montréal sur la carte. Après Jean Drapeau, il y a eu une période de déclin, mais pas en démocratie. Avec Jean Doré, on est passé d’une démocratie représentative centrée sur une personnalité forte à une démocratie participative, que je trouvais inspirante. M. Doré consultait énormément, il a fait en sorte que l’Hôtel de ville devienne «la maison des citoyens».

Ce qui rend Montréal unique, c’est le vivre ensemble. — Denis Coderre

 

GB: À l’époque de mes études à l’Université McGill, je remarquais un autre type de transition à Montréal, qui passait d’une ville biculturelle – française et anglaise – à une ville multiculturelle, une ville du monde. Les immigrants ne venaient plus seulement du Vieux Continent. Les universités ont toujours été un des avant-postes de ce mouvement, qui continue de prendre de l’ampleur. Cette année, Montréal a détrôné Paris comme meilleure ville dans le monde pour les étudiants étrangers.

DC: Lorsque les étudiants étrangers viennent ici, ils se sentent chez eux. Parce que ce qui rend Montréal unique, c’est le vivre ensemble. Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance ont fondé Montréal il y a 375 ans dans un contexte de vivre ensemble, entre Français et autochtones. Ça fait partie de notre ADN. Lorsqu’on parle d’immigration en Europe, on parle très souvent de migration illégale. Ici, on parle de citoyenneté…

GB: J’ai remis récemment une bourse à Alexandre de Brébisson, un Français qui étudie au doctorat dans le domaine de l’intelligence artificielle. Je lui ai demandé pourquoi il avait choisi de venir ici. Il m’a donné deux raisons: la réputation scientifique de l’Université de Montréal dans son domaine et la ville elle-même, en ajoutant «parce que c’est agréable de vivre à Montréal».

 

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Les trois autres sont Jean Doré (de 1986 à 1994), Jean Drapeau (de 1954 à 1957 et de 1960 à 1986) et Louis-Arsène Lavallée (de 1912 à 1914).