Le nom de Michel Phaneuf est désormais lié à la philanthropie

Michel Phaneuf, celui qui a fait connaître les vins aux Québécois.

Michel Phaneuf, celui qui a fait connaître les vins aux Québécois.

Crédit : Amélie Philibert

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Michel Phaneuf, l'un des plus influents critiques de vin du Québec, souhaite encourager la recherche sur sa maladie, le Parkinson, qui a changé le cours de son existence.

En 2008, Michel Phaneuf a reçu un diagnostic de maladie de Parkinson. «Je m’étais rendu compte que mon odorat n’était plus comme avant», dit-il.          

Auteur du fameux Guide du vin (ouvrage annuel vendu à plus d’un million d’exemplaires depuis 1981), ce communicateur-né est aujourd’hui reconnu comme le spécialiste du goût par excellence, celui qui a fait connaître les vins aux Québécois. «J’ai eu beaucoup de chance, admet-il. Je suis arrivé au bon moment.»          

La maladie a cependant changé le cours de son existence. Son odorat a diminué de moitié et il éprouve parfois des problèmes de motricité. «Heureusement, indique-t-il, j’ai reçu ce diagnostic tard. Si j’avais eu le parkinson à 40 ans, je n’aurais pas pu avoir la carrière que j’ai menée.»        

Il ne perd pas espoir pour autant. Une fois passé le choc du diagnostic, il songe à une stratégie pour encourager la recherche sur sa maladie. Il s’inspire de gens comme Phyllis Lambert, philanthrope et fondatrice du Centre canadien d’architecture, «une femme fantastique» qui   donne sans compter dans les domaines qui lui tiennent à coeur.

Il lui faut d’abord trouver les fonds. Ne pouvant plus en profiter, il décide de vendre sa cave à vin, riche en grands crus, à la SAQ et crée, avec les 100 000 $ récoltés, le Fonds Ginette Prémont (le nom de sa conjointe décédée il y a quelques années) et Michel Phaneuf pour la recherche en Parkinson. Souhaitant en faire davantage, il demande à son neurologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal, le Dr Michel Panisset, s’il envisagerait de participer à un protocole de recherche appliquée sur la maladie de Parkinson, ce qu’il accepte.          

M. Phaneuf l’invite alors à partager un repas en compagnie du Dr Denis-Claude Roy, qui travaille à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, affilié à l’UdeM. Michel Phaneuf l’avait rencontré régulièrement à l’occasion de l’activité Montréal Passion Vin, qui a permis, au fil des ans, d’amasser plusieurs millions de dollars pour la fondation de cet hôpital.

La rencontre a donné lieu à une synergie très particulière entre les deux professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, qui ont accepté de faire équipe. Les résultats seront longs à se matérialiser «et je ne serai sans doute pas là pour en profiter», mentionne M. Phaneuf, mais à terme, à l’aide de la thérapie cellulaire, l’étude menée par les deux chercheurs pourrait permettre la mise au point de traitements curatifs pour cette maladie dégénérative.  

«Je suis fier d’avoir mis en contact ces deux sommités de la médecine, se réjouit M. Phaneuf. On n’imagine pas tout le bien-être qu’on peut retirer en donnant pour la recherche!»               

 

Hélène de Billy
Collaboration spéciale