Le trompettiste et le mélomane

Dr Fichman et son épouse, Suzan Fichman.

Dr Fichman et son épouse, Suzan Fichman.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Grâce à la générosité du Dr Stephen Fichman, les meilleurs étudiants en jazz de la Faculté de musique de l’Université de Montréal seront récompensés chaque année.

Ophtalmologiste réputé et pionnier de la correction de la vue au laser à Montréal, le Dr Fichman est un passionné de jazz. Né à Outremont à l’époque où Montréal était la ville du swing, diplômé de la Faculté de médecine de l’Université McGill, il collectionne les livres de photos des légendes du be-bop. Avec sa femme Suzan, il assiste à au moins un concert par mois et il a rencontré nombre de musiciens célèbres, dont Oscar Peterson et Dizzy Gillespie.     

Il y a une trentaine d’années, dans une réception de mariage au Ritz-Carlton, le Dr Fichman fait la connaissance du trompettiste Ron Di Lauro, alors jeune artiste de la scène montréalaise, engagé pour faire danser les invités de la noce avec l’orchestre de Perry Carmen. Durant l’intermède, les deux hommes se retrouvent à l’extérieur pour parler musique, particulièrement jazz. Ils n’ont jamais arrêté de se voir depuis et leur amitié n’a cessé de grandir.           

Pour honorer cette amitié et célébrer le jazz qu’il chérit depuis sa jeunesse, le Dr Fichman a fait un don de 100 000 $ à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Chaque année, le prix Dr Stephen et Susan Fichman en jazz sera accordé à deux étudiants, l’un en performance, l’autre en composition.

Les premiers prix ont été remis le 23 mars dernier, au cours d’un concert du Big Band, sous la direction de Ron Di Lauro, à la salle Claude-Champagne.          

L’intention derrière ces récompenses? «Assurer l’avenir du jazz, répond le Dr Fichman. Permettre à la relève de s’exprimer. Apporter du sang neuf. Ouvrir de nouveaux horizons.»         

L’idée a germé dans son esprit en feuilletant le  programme d’un concert auquel il assistait l’an dernier à la salle Claude-Champagne. «Après avoir constaté que de tels prix existaient en musique classique, se souvient M. Di Lauro, Stephen est venu me trouver: pourquoi ne pas en créer de semblables en jazz?»           

Le Dr Fichman ne tarit pas d’éloges à l’endroit du trompettiste montréalais qui s’est produit tour à tour avec Dizzy Gillespie, Aretha Franklin, Tony Bennett, Michel Legrand, Oliver Jones et de nombreux autres. «Je l’ai vu évoluer, dit-il. Ce qu’il a réalisé avec son Big Band, c’est absolument remarquable.»

À 77 ans, le Dr Fichman demeure très actif. «Je ne crois pas à la retraite», lance-t-il. Mais à la philanthropie, dont il est un fervent défenseur, oui. «Rendu à un certain âge, et même au mitan de la vie, il faut être capable de rendre à la communauté ce que celle-ci nous a donné.»


Hélène de Billy

Collaboration spéciale