«Montréal pourrait s’autoproclamer le pays du bonheur» - Gilbert Rozon

Gilbert Rozon

Gilbert Rozon

Crédit : M6

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Commissaire aux célébrations pour les fêtes du 375e anniversaire de Montréal et responsable de la programmation, Gilbert Rozon s’est prêté au jeu des questions-réponses pour la revue «Les diplômés».

Les diplômés: Montréal est-elle une ville drôle?

Gilbert Rozon: (Sans aucune hésitation.) C’est la ville la plus drôle du monde! On pourrait aussi s’autoproclamer «le pays du bonheur», comme le Bhoutan en Asie du Sud l’a fait. À mon avis, ce qui caractérise Montréal, c’est qu’il y a trois grandes cultures fondatrices qui se rencontrent: les nations amérindiennes, les Anglo-Saxons et les francophones. Notre diversité est une grande richesse. Je ne connais pas un autre lieu sur la planète où Molière côtoie Shakespeare en permanence. Ça nous force à avoir de l’humour et à développer une certaine compréhension des autres. Les regards différents contribuent à faire émerger de meilleures idées. Tout ça est un terreau fertile pour la création.

Vous avez étudié le droit à l’Université de Montréal. Une discipline plutôt sérieuse… Avez-vous des anecdotes amusantes à propos de votre vie universitaire?

Je me suis inscrit en droit pour faire plaisir à mon père, qui me voyait médecin, avocat ou député! J’avais le sentiment d’être inculte, alors le droit me semblait une bonne option, puisqu’il aide à structurer sa pensée.

À cette époque, en 1978, j’avais une imprimerie à Lachute et je faisais un peu d’immobilier à Montréal. J’avais des journées de fou, comme on dit. Rapidement, je me suis lié avec le meilleur étudiant. Il enregistrait les cours auxquels je ne pouvais pas assister et il prenait des notes. Je faisais dactylographier le tout. La qualité de nos documents a fait en sorte qu’on s’est vite mis à les diffuser. Le manque de temps m’obligeait à sélectionner les cours auxquels j’allais. Certains professeurs comme Jean-Pierre Gagné, un spécialiste du droit fiscal, étaient tellement fantastiques que c’était un réel plaisir de se présenter en classe.

J’ai beaucoup aimé mes années d’études; j’appréciais tout particulièrement le centre sportif et la bibliothèque de droit. À cette époque-là, je menais une existence assez spartiate axée sur le sport et les études. Sauf, bien sûr, après les examens du barreau, moments où les souvenirs des célébrations sont encore diffus aujourd’hui… (Rires.)

Quelle est l’image de Montréal à l’étranger?

Je pense que c’est de mieux en mieux. Il faut être honnête, on ne nous connaît pas partout. Mais, compte tenu de sa taille, je dirais que Montréal a une assez bonne réputation. On a rapidement réussi à se positionner comme un lieu où il fait bon vivre. C’est une ville universitaire culturellement différente. Tout ça est en train de nous rendre drôlement sexy! Les touristes sont d’ailleurs généralement séduits par Montréal. Ce n’est un secret pour personne, Montréal a toujours eu la réputation de «ville des plaisirs». On y vient pour faire la fête, voir de bons spectacles et aller aux divers festivals, manger de la bonne bouffe... Ici, on a la joie de vivre! C’est dans notre ADN. Notre tour Eiffel à nous, c’est tout cela. Montréal doit tabler sur ce fait.