Arianne Raby poursuit sa course aux records… après avoir perdu le goût de courir

Crédit : Courtoisie Arianne Raby

En 5 secondes

Étudiante à la maîtrise en kinésiologie à l’UdeM, Arianne Raby est l’une des coureuses québécoises les plus prometteuses.

Le 28 mai dernier, l’athlète Arianne Raby a couru le marathon d’Ottawa en 2 h 41 min 57 s, soit une vitesse moyenne de près de 16 km/h… sur 42,2 km! L’étudiante à la maîtrise en kinésiologie avait pourtant perdu le goût de courir en 2014. La voici qui envisage maintenant de fracasser des records.

Il faut dire qu’Arianne Raby nourrit l’ambition de se dépasser depuis longtemps.

À l’âge de sept ans, elle joue dans une ligue élite de soccer à Joliette. Près d’une décennie plus tard, sa mère – qui est une ancienne coureuse ayant quelques demi-marathons et un marathon à son actif – l’incite à faire de la course. «Elle était tannée de venir aux entraînements et, de plus, nous ne gagnions pas souvent», se remémore Mme Raby en rigolant.

En quatrième secondaire, elle commence à pratiquer le cross-country, puis la course sur piste. Elle se fait vite remarquer par ses performances, et grâce à ses succès en compétition elle obtient une bourse d’études pour aller à l’Université de l’Indiana à Bloomington.

Des blessures et des fractures

De 2010 à 2014, Arianne Raby s’entraîne avec acharnement sur la piste d’athlétisme du campus américain, d’abord comme spécialiste du 800 m, puis sur de plus longues distances. Et son corps en souffre.

«J’ai mis cinq ans à terminer mes études [baccalauréat en sciences de l’activité physique et mineure en entraînement sportif] en raison des nombreuses blessures dont j’ai souffert, relate-t-elle. Chaque année, j’ai eu des fractures de stress, des tendons déchirés, des entorses… À la fin, j’ai subi deux fractures aux métatarses du pied droit.»

Elle revient alors au Québec et n’a plus le goût de courir. Du moins sur piste. «J’ai passé trois mois sans courir», se souvient-elle.

Des clients inspirants

Tandis qu’elle exerce son métier de kinésiologue dans un gymnase à Repentigny, ville dont elle est native, des clients qui connaissent son talent viennent la voir et l’incitent à rechausser les souliers de course. Elle se laisse convaincre et se remet à courir des distances de 5 km, tout en douceur en raison des tensions qu’elle ressent au pied droit.

Rapidement, la future diplômée de l’UdeM reprend goût à la course et se fixe des objectifs. «En 2015, j’ai fait une course de 5 km en 18 minutes à Longueuil. Je suis arrivée première et j’ai aimé ça! C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré Claude David, mon entraîneur.»

Une course à la fois, elle progresse de façon fulgurante. En septembre 2016, elle effectue son premier marathon à vie, à Montréal. Et elle le remporte avec un temps de 2 h 48 min 48 s.

En avril dernier, elle fait le demi-marathon Banque Scotia de Montréal et réussit un temps de 1 h 15 min 54 s, soit deux secondes de moins que son meilleur temps sur 21 km.

Elle se rapproche très sérieusement du record québécois sur cette distance, soit 1 h 14 min 51 s, établi en 2000 par Isabelle Ledroit.

Être à l’écoute de son corps et de son esprit

Courir sur de pareilles distances avec constance requiert une bonne préparation physique et mentale.

«Je cours de 120 à 140 km par semaine en moyenne, à raison de deux sorties par jour, en plus d’effectuer des séances de musculation, raconte Arianne Raby. Avec la fin de ma maîtrise, je ne fais qu’une séance de musculation, mais après juin, j’en ferai deux!» La natation fait aussi partie de son entraînement régulier.

«L’exercice est une véritable thérapie pour moi et, sans l’activité physique, je ne suis pas du monde, dit-elle en riant. Ça libère les tensions, atténue les frustrations… Je suis une meilleure personne quand je fais du sport!»

Mentalement, elle convient qu’il y a des jours où l’entraînement «n’est pas toujours évident ni toujours plaisant, surtout quand tu es seule et que tu t’entraînes pour un marathon». Aussi a-t-elle décidé cette année de courir avec les membres du club Ville-Marie pour les plus longues sorties. «Le fait d’être accompagné aide beaucoup.»

Résultat: elle n’a subi aucune blessure au cours des trois dernières années. «J’écoute mon corps et ma tête et je dors de six à sept heures par nuit pour bien récupérer», indique la coureuse d’élite.

Courir d’abord pour soi

Loin d'elle l’idée de bouder le Marathon de Montréal cette année, mais Arianne Raby n’y participera pas pour une belle raison: elle se mariera le même jour!

Néanmoins, elle envisage de prendre part au Championnat canadien de marathon, fin octobre à Toronto. «Mon temps de 2 h 41 min est déjà parmi les standards mondiaux pour un marathon, et je veux aller en deçà de 2 h 40 min, avance-t-elle. Je souhaite me qualifier pour le Championnat du monde de marathon, qui aura lieu en Espagne l’an prochain.»

Arianne Raby garde toutefois la tête froide. «L’important est de progresser, conclut-elle. La compétition internationale est intéressante, mais elle n’est pas une fin en soi: je compétitionne pour le plaisir et parce que ça me fait me sentir bien. L’objectif de l’activité physique devrait toujours être de le faire pour soi.»