L’UdeM se souvient de Simone Veil

Simone Veil lors de son passage à l'UdeM en 2007.

Simone Veil lors de son passage à l'UdeM en 2007.

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Simone Veil, l’une des figures politiques françaises les plus admirées pour son courage politique et personnel, est décédée le 30 juin. Elle avait reçu un doctorat honorifique de l’UdeM en 2007.

Alors que la France vient d’honorer la mémoire de Simone Veil dans un hommage national et d'annoncer qu’elle reposera au Panthéon, parmi les «grands hommes», l’Université de Montréal se souvient de cette femme d’exception à qui elle a conféré un doctorat honorifique en octobre 2007, à l’occasion de la collation des grades de sa faculté de droit.

«Je suis particulièrement fière et heureuse de ce doctorat honoris causa qui me comble, car ce sont des juristes qui me l’ont accordé», avait déclaré Mme Veil dans son discours de remerciement, exprimant aussi son admiration pour le Québec et le Canada, «un pays où chacun trouve sa place», notamment les femmes.

Une vie consacrée à la justice

Née à Nice en 1927 dans une famille juive, Simone Veil est déportée à Auschwitz en 1944. À la Libération, elle s’inscrit à la Faculté de droit de l’Institut d’études politiques de l’Université de Paris. Elle est reçue au barreau en 1956, puis accède à la magistrature. Ses premiers combats, au sein de la direction générale de l’administration pénitentiaire, portent sur l’amélioration des conditions de détention. En pleine guerre d’Algérie, elle défend avec efficacité des combattantes du Front de libération nationale torturées par les militaires français.

En politique, elle participe à la réforme du droit de l’adoption puis, comme ministre de la Santé, elle réussit à faire adopter, malgré les attaques de députés de son propre parti, une loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse, la loi Veil. Elle devient en 1979 présidente du premier Parlement européen élu au suffrage universel. Elle sera par la suite ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement d’Édouard Balladur en 1993, puis membre du Conseil constitutionnel entre 1998 et 2007.  

En dehors de la vie politique, Simone Veil a été présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et en 2010 elle est entrée à la prestigieuse Académie française.