Agrile du frêne: plus d’un arbre sur deux a été abattu

  • Forum
  • Le 10 juillet 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
Près de 300 arbres infestés par l'agrile du frêne ont été abattus sur le campus de l'UdeM depuis 2015.

Près de 300 arbres infestés par l'agrile du frêne ont été abattus sur le campus de l'UdeM depuis 2015.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

L’Université de Montréal s’attaque à l’agrile du frêne. Depuis deux ans, près de 300 arbres infestés ont été abattus.

En 2015, le campus montréalais de l’Université de Montréal comptait près de 500 frênes infestés par leur pire ennemi, l’agrile du frêne (Agrilus planipennis); 298 de ces arbres sont morts ou ont été abattus durant l’été 2016, alors que les autres, considérés en «bonne condition», ont été épargnés. Ceux-ci ont été traités à l’insecticide biologique TreeAzin et leur état de santé est en cours de réévaluation. «Nous suivons l’épidémie de près», assure Johanne Malo, directrice de la Division des opérations à la Direction des immeubles.

Dès l’obtention des permis, les arbres soupçonnés d’être des vecteurs du coléoptère envahissant ont été coupés. La Direction des immeubles donnera le feu vert à la seconde phase de dépistage cet automne.

Devant l’épidémie qui menace cette essence sur l’ensemble du continent, «l’Université de Montréal s’est acquittée de ses responsabilités de façon citoyenne et diligente, comme l’a reconnu la Table de concertation du Mont-Royal sur la question de l’agrile du frêne le mois dernier», mentionne Mme Malo.

C’est la firme d’ingénieurs forestiers Nadeau Foresterie Urbaine qui a accompagné l’Université dans l’élaboration de son plan d’action. Les traitements curatifs prennent la forme d’une injection de TreeAzin à la base du tronc. Il est trop tôt pour tirer des conclusions quant aux effets de ce traitement, car le nouvel inventaire n’est pas terminé.

De nouveaux arbres plantés

Le budget d’environ 115 000 $ accordé par l’UdeM pour abattre et traiter les arbres malades s’accompagne d’une opération de reboisement. «Nous avons planté le printemps passé 81 arbres – des érables, des tilleuls et des chênes principalement, tout en accordant une attention particulière à la diversité – de façon à remplacer ceux perdus par des essences indigènes», commente le conseiller à la biodiversité et au développement durable Alexandre Beaudoin, qui coordonne les opérations sur le terrain en partenariat avec la Direction des immeubles. Il précise que 160 arbres seront également mis en terre cet automne pour compenser les coupes de l’an dernier.

Le biologiste a remarqué par ailleurs que la plupart des frênes les moins attaqués par les larves poussent à l’intérieur des boisés, comme si la végétation forestière assurait une certaine protection contre le parasite. Mais il n’est pas très optimiste quant aux chances de survie de l’espèce, qui selon lui pourrait être complètement éradiquée de l’île de Montréal au cours des prochaines décennies.

Consensus

La très grande partie du bois issu de l’abattage a été transformé en copeaux afin d’en faire du compost. Mais M. Beaudoin est à examiner une méthode permettant de recycler la matière ligneuse. «Quand l’arbre est coupé, l’insecte ne peut pas survivre, car il se tient littéralement entre l’arbre et l’écorce. On pourrait donc récupérer le bois pour en faire des planches.»

Mme Malo représente l’Université de Montréal au groupe de travail consacré à la lutte contre l’agrile du frêne à la Table de concertation du Mont-Royal, qui comprend aussi des représentants de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, du collège Jean-de-Brébeuf, du Conseil régional des élus de Montréal, d’Héritage Montréal, des Amis de la montagne et de la Ville de Westmount.

Le 2 juin dernier, les partenaires se sont entendus pour établir un plan commun permettant de «relever prestement et avec succès les défis liés à la présence de l’agrile du frêne sur le site patrimonial du Mont-Royal dans le but de réaliser l’objectif de conserver le patrimoine naturel, culturel et paysager du territoire».

  • Le dépérissement, voire la mort, des arbres infestés par l'agrile du frêne est dû aux larves qui vivent sous l'écorce des frênes.

  • L’agrile du frêne a été détecté pour la première fois en Amérique du Nord en 2002.