Attention, Montréal: les mathématiciens arrivent!

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  • Le 18 juillet 2017

  • Marilou Garon
Si les conférences du Congrès sont destinées aux mathématiciens purs et durs, certaines activités ont été conçues spécialement pour le grand public.

Si les conférences du Congrès sont destinées aux mathématiciens purs et durs, certaines activités ont été conçues spécialement pour le grand public.

Crédit : Thinkstock

En 5 secondes

Des professeurs de l’UdeM se joignent à plus d’un millier de mathématiciens du continent américain pour le Congrès mathématique des Amériques, qui aura lieu à Montréal du 24 au 28 juillet.

Ce n’est pas tous les jours qu’on voit déferler sur Montréal plus d’un millier de mathématiciens en même temps! Ce sera pourtant le cas du 24 au 28 juillet prochains, alors que la métropole sera l’hôte du Congrès mathématique des Amériques. Des professeurs et chercheurs du continent américain partageront le fruit de leurs travaux au cours de 25 conférences et 70 présentations scientifiques parallèles.

«C’est important pour nous d’élargir les collaborations, au-delà de la relation existante entre le Canada et les États-Unis, explique Christiane Rousseau, professeure au Département de mathématiques et de statistique de l’Université de Montréal et l’un des membres organisateurs des présentations parallèles du Congrès. Certains pays comme le Brésil ont des écoles mathématiques de très haut niveau, mais d’autres n’ont pas de traditions aussi fortes. Les organisateurs du Congrès disposent donc de fonds spéciaux afin de permettre à des mathématiciens de ces pays moins nantis d’assister au Congrès et de profiter des occasions de réseautage.»

«Le monde est écrit en langage mathématique», a dit Galilée

Christiane Rousseau

Crédit : Amélie Philibert

Si cette manne de mathématiciens est attendue à Montréal uniquement le temps d’un congrès, les mathématiques, elles, sont présentes partout, tout le temps. «Le rôle des mathématiques est sans fin!» s’exclame Mme Rousseau. Parallèlement à ses recherches, elle participe activement à la formation des futurs enseignants du secondaire afin qu’ils puissent témoigner auprès de leurs élèves de l’omniprésence des mathématiques.

«Lorsque vous effectuez un achat en ligne avec votre carte de crédit, c’est la théorie des nombres qui permet de crypter votre numéro de carte. Et quand vous faites une recherche sur Google, c’est un algorithme mathématique qui fait en sorte que les résultats sont bien classés. Dans le cas de Google, les mathématiques sont à l’origine de la plus grosse capitalisation boursière du monde!» mentionne-t-elle.

La professeure et chercheuse comprend toutefois la réticence des non-initiés à l’égard de sa discipline. «Je l’admets: c’est une discipline difficile. Accomplir des choses difficiles peut être stimulant: parlez-en à un sportif ou à un musicien! Et les mathématiques contribuent à développer le cerveau, alors tout le monde peut en bénéficier! Elles nous apprennent à résoudre des problèmes, une démarche essentielle dans plein d’avancées technologiques. Lorsque des jeunes ne savent pas quoi étudier, je leur dis: “Faites un bac en maths; après, vous pourrez aller partout!”» indique Mme Rousseau en riant.

Sommités internationales et activités de découverte

Luc Vinet

Si les conférences du Congrès sont destinées aux mathématiciens purs et durs, certaines activités ont été conçues spécialement pour le grand public. Ce dernier est donc convié aux activités de vulgarisation suivantes:

Pour sa part, Luc Vinet, professeur au Département de physique de l’Université de Montréal et membre du comité organisateur du Congrès, se réjouit de la venue du mathématicien Kannan Soundararajan, de l’Université Stanford, chef de file d'une véritable révolution en théorie analytique des nombres. M. Soundararajan fera par ailleurs état des travaux de son mentor, le professeur Andrew Granville, de l’UdeM, spécialiste de la théorie des nombres.

Montréal, ville résolument mathématique

M. Vinet est sans équivoque: le Canada est un modèle sur le plan de son infrastructure de recherche en mathématiques. Outre les sociétés savantes en sciences mathématiques, dont la Société mathématique du Canada, le pays compte trois instituts dont le mandat national est non seulement d’encadrer le travail en synergie des chercheurs, mais aussi d’organiser des rencontres scientifiques dans des domaines émergents.

Et l’un de ces trois instituts se trouve à l’Université de Montréal: le Centre de recherches mathématiques (CRM), dirigé par le professeur Vinet. Le Congrès confirme d’ailleurs le rôle clé que joue le CRM sur l'échiquier mathématique international et les retombées pour Montréal sont déjà concrètes: grâce au séminaire de mathématiques supérieures donné en marge du Congrès, des collaborations entre le Brésil et le Centre s’établissent dans deux domaines de spécialisation à Montréal et à Rio de Janeiro, soit ceux de l’optimisation et des processus stochastiques.

Le CRM a implanté dans les années 90 un modèle de collaboration unique, l’Institut des sciences mathématiques, entre les quatre universités montréalaises qui permet aux doctorants de suivre des cours et des séminaires dans les quatre établissements. Les professeurs sont ainsi en mesure d’offrir des cours sur des sujets pointus qu’il leur serait impossible de donner aux seuls étudiants de leur département. «Cette approche novatrice a permis à Montréal de se doter d’une véritable école d’études doctorales de classe internationale», précise M. Vinet.