Pourquoi existe-t-il des variations individuelles de la susceptibilité au cancer?

Les cellules tueuses naturelles font partie du système immunitaire et permettent d’éliminer les cellules cancéreuses ou les cellules infectées par des virus.

Les cellules tueuses naturelles font partie du système immunitaire et permettent d’éliminer les cellules cancéreuses ou les cellules infectées par des virus.

Crédit : NIAID

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Une nouvelle étude permet de mieux comprendre pourquoi la susceptibilité au cancer est plus grande chez certains individus.

Une équipe de chercheurs dirigée par la Dre Sylvie Lesage, professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal, et chercheuse au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal), a mené sur des souris une étude importante pour la compréhension du rôle du système immunitaire dans l’élimination des cellules cancéreuses. Ces travaux permettent de mieux comprendre pourquoi la susceptibilité au cancer et aux infections est plus grande chez certains individus, ce qui pourrait, à terme, ouvrir la voie à des traitements plus efficaces chez l’humain.

Cette étude, publiée dans le Journal of Immunology, visait à mettre au jour les gènes qui assurent l’efficacité des cellules tueuses naturelles (ou cellules NK pour natural killer). Ces cellules font partie du système immunitaire et permettent d’éliminer les cellules cancéreuses ou les cellules infectées par des virus. L’efficacité des cellules NK dans la prévention du cancer et l’élimination des infections est déterminée par nos gènes et varie d’un individu à l’autre.

Les chercheurs ont adopté une approche combinée tenant à la fois de la génétique et de la bio-informatique. Ils ont découvert plusieurs gènes pouvant altérer la maturation des cellules NK. Parmi ces gènes, Trp53, un gène suppresseur de tumeur fréquemment touché par des mutations dans les cas de cancer, s’est avéré intéressant. Les résultats de l’étude montrent que l’absence de Trp53 a effectivement des conséquences sur la maturation des cellules NK. Ainsi, non seulement le gène Trp53 intervient dans la survie des cellules tumorales elles-mêmes, mais il pourrait aussi influer sur la maturation des cellules NK et leur capacité à détruire les cellules cancéreuses.

Ce projet est financé par la Société de recherche sur le cancer et par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.