Tout le monde à l’éclipse!

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  • Le 22 août 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
400 paires de lunettes de protection ont été distribuées pour observer l’éclipse solaire du 21 août sur le campus montréalais.

400 paires de lunettes de protection ont été distribuées pour observer l’éclipse solaire du 21 août sur le campus montréalais.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Près de 1000 personnes ont assisté en direct à l’éclipse solaire partielle sur le campus de l’Université de Montréal le 21 août.

L’astronome René Doyon tient le café de David Montmigny pendant que celui-ci observe l’éclipse solaire partielle à l’aide des lunettes spéciales filtrant les rayons du Soleil. «On a rapidement manqué de lunettes; c’est pourquoi je prête les miennes», dit en souriant le fondateur de l’Institut de recherche sur les exoplanètes de l’Université de Montréal.

Une foule estimée à 1000 personnes a répondu le 21 août à l’invitation du Centre de recherche en astrophysique du Québec et s’est rendue sur le terrain situé en face du pavillon André-Aisenstadt de l'UdeM. Les 400 paires de lunettes de protection se sont envolées rapidement, mais on pouvait avoir accès à des télescopes pointés vers l’étoile sous la supervision d’étudiants et d’animateurs de l’Observatoire du Mont-Mégantic. «C’est un évènement spécial auquel nous voulions participer», indique Lison Malo, astronome à l’Observatoire et diplômée en physique de l’UdeM qui mettait son instrument à la disposition des spectateurs patients attendant leur tour en file indienne.

D’autres, comme Mathieu Bergeron et quelques collègues de Polytechnique Montréal, se sont présentés munis d’une boîte en carton percée d’un petit trou. On pouvait distinguer le contour du Soleil masqué par une demi-Lune au fond de la boîte.

Au même moment, quelque 1700 personnes (soit deux fois plus de visiteurs que prévu) assistaient à l’éclipse au pied du mont Mégantic, où se trouve l’ASTROLab, un musée consacré à l’astronomie fondé par Bernard Malenfant, de l’Université de Montréal. M. Malenfant se réjouissait de cette foule record. «Je suis un passionné d'astronomie et j'ai toujours pensé que le mont Mégantic était là pour donner accès au ciel à tout le monde et aujourd'hui, on en a la preuve», a-t-il déclaré à Radio-Canada.

  • Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l’invitation des astronomes du Centre de recherche en astrophysique du Québec.

    Crédit : Amélie Philibert
  • Des conditions météorologiques exceptionnelles ont permis de bien observer le phénomène astronomique.

    Crédit : Amélie Philibert
  • L’ombre projetée sur une surface blanche présentait des caractéristiques particulières au plus fort de l’éclipse.

    Crédit : Amélie Philibert
  • On peut également observer l'éclipse par projection, à l’aide d’une boite d’observation, d’une passoire...ou d'une paire de souliers blancs.

    Crédit : Amélie Philibert
  • La passoire devient un objet astronomique quand l’ombre masquée du Soleil est reproduite à de multiples endroits sur un écran.

    Crédit : Amélie Philibert
  • L’écran le plus original du jour: la chaussure blanche. On y voit le croissant de soleil.

    Crédit : Amélie Philibert
  • Tout le monde a pu mettre l’œil à l’oculaire…

    Crédit : Amélie Philibert
  • Grâce aux télescopes des astronomes, la Lune semblait presque à portée de main.

    Crédit : Amélie Philibert

Une éclipse médiatisée

Robert Lamontagne, directeur du télescope de l’Observatoire du Mont-Mégantic et communicateur scientifique bien connu, a animé à l’intérieur du campus montréalais la diffusion sur grand écran, en continu, de l’éclipse totale sur le territoire américain, la première en 99 ans. «Je l’ai commentée en direct à plusieurs reprises», signale-t-il alors qu’il prend une pause à l’extérieur. Il mentionne que les conditions sont idéales pour l’observation du phénomène. «C’est certainement l’éclipse la plus médiatisée de l’histoire; on estime que 30 millions de personnes ont pu se déplacer le long du tracé. Des chambres d’hôtel étaient réservées depuis trois ans à certains endroits.»

Paul Charbonneau, spécialiste de la physique solaire, qui a pris le relais dans l’amphithéâtre, a souligné à son auditoire que les éclipses pouvaient encore révéler des informations scientifiques pertinentes. «C’est une coïncidence stupéfiante qui fait que la Lune, environ 400 fois plus petite que le Soleil, soit environ 400 fois plus proche de la Terre, donne un masque presque parfait pour observer le disque solaire», a-t-il expliqué en montrant une protubérance de la taille de la Terre qui se dessinait comme un petit nuage le long du cercle. Même avec les télescopes modernes équipés de filtres spéciaux, il demeure très difficile d’obtenir ce niveau de détail.

Lui-même a assisté à une éclipse totale en Australie en 2012. «On a beau savoir à quoi s’attendre, on est très impressionné par ce phénomène quand on le vit. La nuit tombe soudainement et l’on peut apercevoir quelques planètes. Puis le Soleil réapparaît et les oiseaux du matin se mettent à chanter.»

René Doyon, lui, n’a pas eu cette chance, mais compte bien en profiter lorsque l’éclipse totale plongera dans l’ombre le sud du Québec le 8 avril 2024. L’Observatoire du Mont-Mégantic sera alors directement entre la Lune et le Soleil.

Qu'est-ce qu'une éclipse de soleil?
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