Un nouveau chercheur de planètes à l'Observatoire de La Silla, de l'ESO

Le Near Infra Red Planet Searcher (NIRPS) a été conçu par une équipe internationale, dirigée par des chercheurs de l'Université de Montréal et de l’Université de Genève.

Le Near Infra Red Planet Searcher (NIRPS) a été conçu par une équipe internationale, dirigée par des chercheurs de l'Université de Montréal et de l’Université de Genève.

Crédit : OMM/iREx/NIRPS.

En 5 secondes

Un nouvel instrument très performant, le Near Infra Red Planet Searcher (NIRPS), sera installé sur le télescope de 3,6 m de l’European Southern Observatory (ESO) à La Silla, au Chili.

Construit par une équipe internationale, elle-même dirigée par l’équipe de chercheurs de l’Observatoire du Mont-Mégantic (OMM) de l'Université de Montréal et par le Département d’astronomie de l’Université de Genève, le NIRPS est un spectrographe infrarouge conçu pour détecter des planètes rocheuses semblables à la Terre autour des étoiles les plus froides.

L’ajout du NIRPS à la constellation d'instruments des télescopes de l’ESO a fait l’objet d’un accord signé par Tim de Zeeuw, directeur général de l'ESO, Marie-Josée Hébert, vice-rectrice à la recherche, à la découverte, à la création et à l’innovation de l'UdeM, et Michel Oris, vice-recteur de l'Université de Genève.

Le NIRPS complétera l’instrument HARPS (pour High Accuracy Radial velocity Planet Searcher, en français «chercheur de planètes par vitesses radiales de haute précision»), qui est actuellement en activité sur le télescope chilien.

Le HARPS est l'instrument chasseur de planètes le plus productif du monde utilisant la méthode des vitesses radiales. Il a révolutionné notre compréhension de systèmes exoplanétaires. Le NIRPS deviendra son «bras rouge», étendant la capacité du télescope dans l'infrarouge et rendant possible la caractérisation des systèmes exoplanétaires. Grâce à cet accord, l’ESO allouera 725 nuits d'observation au cours d'une période de cinq ans à l'équipe du NIRPS.

Le but principal de l’équipe du NIRPS est de recourir à la méthode des vitesses radiales pour que l’instrument repère et permette de caractériser des planètes en orbite autour d’étoiles de type M, soit des étoiles rouges, froides et de faible masse. En particulier, le NIRPS aura pour mission de trouver des planètes rocheuses analogues à la Terre qui pourraient potentiellement être habitables.

Les étoiles de type M sont particulièrement intéressantes parce que les variations de vitesses radiales causées par une planète en orbite sont plus grandes que pour des étoiles plus massives. En conséquence, les exoplanètes orbitant autour d’une étoile de type M, incluant celles situées dans la zone habitable de l’étoile, sont plus facilement décelées. Le NIRPS opérera dans l'infrarouge, gamme principale de longueurs d'ondes émises par de telles étoiles de type M. Pour des étoiles rouges, les plus communes dans le voisinage solaire, on s’attend à ce que le NIRPS produise des données qui sont au moins aussi précises que celles actuellement obtenues avec le HARPS.

Les premiers résultats des observations du NIRPS sont prévus en automne 2019.

À propos du NIRPS

Le NIRPS est une collaboration entre l’OMM et l’Institut de recherche sur les exoplanètes de l’Université de Montréal; le Département d’astronomie de l’Université de Genève; l’Université Grenoble Alpes; l’Instituto de Astrofísica de Canarias (Espagne); l’Institut NRC Herzberg d’astronomie et d’astrophysique de Victoria (Canada); le Centro de Investigaçao em Astronomie/Astrofísica de l’Université de Porto (Portugal); l’Instituto Mauá de Tecnologia du Brésil; et l’Université fédérale du Rio Grande do Norte au Brésil.

L’ajout du NIRPS au télescope de 3,6 m de l’ESO implique l'installation d'un nouvel adaptateur Cassegrain pour remplacer celui qui se trouve sur le télescope. Ce dernier adaptateur inclura un nouveau système d'optique adaptative tout en gardant les qualités optiques de l’instrument HARPS. Pendant ce temps, le NIRPS sera assemblé et testé au Canada, puis intégré avec le nouvel adaptateur Cassegrain au télescope chilien.

À propos de l'iREx

L’Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx) regroupe les meilleurs chercheurs et leurs étudiants afin de tirer pleinement profit des grands projets d’observation en cours ou à venir, avec l’objectif ultime de trouver de la vie ailleurs.

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