Emanuel Licha, l’artiste en résidence

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  • Le 6 septembre 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
Emanuel Licha

Emanuel Licha

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

L’artiste et cinéaste Emanuel Licha enseignera la recherche-création au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de la Faculté des arts et des sciences.

L’artiste et cinéaste Emanuel Licha fait ces jours-ci sa rentrée à titre de nouveau professeur au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal. Mais il connaît bien l’UdeM, car il y a étudié la géographie humaine dans les années 90. «C’est d’ici que je suis parti pour aller en Europe, où j’ai vécu durant près d’une vingtaine d’années. Je suis très heureux de retrouver l’Université pour poursuivre l’exploration des thèmes qui me sont chers, notamment la représentation des conflits politiques», explique-t-il.

C’est au moyen de films, d’installations vidéos et de photos que M. Licha illustre depuis 15 ans divers évènements violents ou traumatiques. Sa dernière exposition au Musée d’art contemporain de Montréal avait pour objet les hôtels de journalistes qui couvrent les conflits armés. Le critique d’art du Devoir Nicolas Mavrikakis a dit de cette exposition qu’elle était une «passionnante réflexion sur la représentation de la guerre». Il décrit l’œuvre d’Emanuel Licha comme «intelligente et poétique».

Rien n’est plus semblable à un hôtel d’une grande chaîne qu’un autre hôtel de grande chaîne. Mais quand on entre dans le Holiday Inn de Sarajevo, l’Al Deira de Gaza, l’hôtel Ukraine de Kiev ou le Hyatt de Belgrade, on doit savoir que c’est par là que la plupart des reporters occidentaux transitent, voire effectuent leurs reportages. La célèbre scène du renversement de la statue de Saddam Hussein, à Bagdad en 2003, a été captée de la fenêtre d’une chambre d’hôtel. Le long métrage documentaire Hotel Machine, d’Emanuel Licha, montre ces lieux. Cette recherche est née de son intérêt pour le «tourisme de guerre», cet improbable créneau qui amène les touristes à se rapprocher le plus possible des zones de conflit. Aux États-Unis, l’artiste a pu filmer une fausse ville irakienne construite par des décorateurs hollywoodiens où des militaires s’entraînent. Les médias et les touristes sont invités à assister aux exercices…

Dans ses prochains projets, M. Licha veut, entre autres choses, explorer les véhicules tout-terrain utilisés par les travailleurs humanitaires dans les pays en développement (il revient d’un voyage à Haïti, où il a fait du repérage). Mais il concentrera ses énergies sur ses fonctions pédagogiques, où la création tiendra un rôle de premier plan.