La soprano Monique Pagé: de l’importance de la vulnérabilité

  • Forum
  • Le 19 septembre 2017

  • Marilou Garon
Monique Pagé

Monique Pagé

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

La soprano lyrique Monique Pagé se joint à l’équipe de professeurs de chant de la Faculté de musique.

La soprano lyrique Monique Pagé a un faible pour Mozart. «Il nous force à être solidement vulnérable, si je puis dire! Sa musique exige à la fois une technique infaillible et une capacité à se mettre à nu.»

Elle a chanté son compositeur fétiche, et plusieurs autres, dans des rôles de premier plan sur toutes les scènes opératiques du pays, mais aussi en France, en Russie, en Grèce, au Liban et en Turquie. Cette foisonnante carrière scénique ne l’a jamais empêchée d’enseigner, un acte qui renforce son art. «Enseigner, c’est également apprendre. Les questions des étudiants nous poussent à réfléchir pour expliquer des choses qui sont devenues quelque peu automatiques avec l’expérience.»

Ravie d’enseigner, donc, et de se trouver dans le milieu universitaire, autant pour ses exigences plus poussées que pour l’équipe du secteur chant de la Faculté de musique.

«Il y a ici une véritable dynamique d’équipe. Il arrive par exemple que des professeurs de chant enseignent en tandem et se consultent sur le parcours d’un étudiant, question d’obtenir le regard de l’autre. C’est une pratique rare qui témoigne de la confiance mutuelle entre les professeurs.»

Contrairement à l’enseignement de la plupart des disciplines universitaires, celui d’un instrument se fait au moyen de cours individuels. Lors de ces moments privilégiés, Monique Pagé fait en sorte que l’étudiant ait l’impression d’être la personne la plus importante. «Je veux que l’étudiant se sente en sécurité. Il doit y avoir de l’espace pour prendre des risques et se tromper. Si je ne lui permets pas de faire des erreurs, comment puis-je l’aider?» demande-t-elle.

La possibilité d’entreprendre des travaux de recherche fait également partie de ce qui enchante la soprano dans son nouveau rôle. «Je remarque chez les jeunes musiciens une grande difficulté à gérer le stress à l’approche des examens et des concerts. Comment peut-on leur donner plus de ressources à cet égard? Je crois qu’il y a là matière à de réels travaux de recherche, idéalement interdisciplinaires, où interviendraient la psychologie et les neurosciences.»

L’enseignement universitaire ne signifie pas pour Monique Pagé qu’elle délaissera la scène pour autant; elle se prépare en vue d’un récital de musique française et de lieds en novembre auquel assisteront sans doute plusieurs de ses étudiants. «Chanter devant ses étudiants est l’une des choses les plus difficiles, on doit incarner tout ce qu’on professe! s’exclame-t-elle. En même temps, c’est important pour eux de voir que, moi aussi, je peux être vulnérable.»

Rusalka - Song to the moon (Dvořák)
En lecture:

Rusalka - Song to the moon (Dvořák)