Incidents violents: la STM collabore à un projet de recherche pour ses chauffeurs de bus

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Une recherche menée auprès de chauffeurs d'autobus de la Société de transport de Montréal met en lumière les conséquences des incidents à caractère violent.

Les méfaits dont sont parfois victimes les chauffeurs d’autobus peuvent avoir des conséquences psychologiques de différentes natures qui se manifestent à différents moments après l’incident. C’est ce que conclut une étude réalisée par une équipe de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal, en collaboration avec la Société de transport de Montréal (STM).

«La violence au travail représente un problème dans de nombreux secteurs d’activité et celui des transports n’y échappe pas, souligne Stéphane Guay, directeur du Centre d’étude sur le trauma et de l’équipe VISAGE. La STM est proactive en acceptant de collaborer pleinement à ce projet de recherche, alors que beaucoup d’autres organisations auraient refusé.» Le professeur de l’École de criminologie et du Département de psychiatrie de l’Université de Montréal poursuit: «Je tiens à préciser que, sur 361 accidents de travail déclarés chaque année par les quelque 3500 chauffeurs de la STM, environ 30 % concernent des actes de violence.»

La méthode

Pendant un an, Stéphane Guay et son équipe ont suivi 118 chauffeurs de la STM qui ont été victimes ou témoins d’actes de violence dans leur milieu de travail. Les participants ont rempli des questionnaires et fait des entrevues téléphoniques à des périodes précises (1, 2, 6 et 12 mois) suivant l’incident destinés à mesurer l’évolution de leur santé psychologique et de leurs besoins.

Résultats

Les résultats de l’étude révèlent que les chauffeurs participants ont été autant victimes de violence physique (45 %: p. ex. coups, crachats) que de violence verbale (50 %: p. ex. menaces, insultes) de la part de clients.

De plus, 60 % des répondants semblaient présenter un état de stress aigu (ESA) dans le mois suivant l’incident. Également, 18 % des participants ont possiblement développé un trouble de stress post-traumatique (TSPT) deux mois après l’incident violent. Après 12 mois, 6 % d’entre eux souffraient toujours d’un TSPT.

Comme c’est le cas pour la plupart des emplois où les contacts avec des clients sont directs et réguliers, l’équipe de recherche a noté chez les participants que l’ESA, le TSPT et la détresse psychologique sont liés à une diminution du sentiment de sécurité au travail et de la confiance en leurs capacités à gérer les situations de violence, ainsi qu’à une diminution de leur bien-être au travail relativement à leur santé physique ou à leurs relations sociales.

Les participants se sentent généralement soutenus par leurs collègues, tout en décrivant un sentiment d’inquiétude de voir des actes de violence dans leur profession. Malgré les moyens mis en place par la direction pour venir en aide aux participants à la suite d’un incident violent, les victimes souhaiteraient que leur prise en charge soit plus complète et adaptée à leurs réalités. Elles demandent également que le public soit mieux sensibilisé à la réalité de leur métier.

«Les chauffeurs d’autobus sont seuls sur la route, ils servent une large clientèle, ils sont accusés, à tort, d’être responsables des retards. On ne pourra jamais enrayer complètement la violence vécue par certains chauffeurs. Cependant, on peut poser des actions pour essayer de la prévenir davantage, mais aussi pour mieux gérer la prise en charge des travailleurs victimes», affirme Stéphane Guay.

Cette étude a été financée par une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada.

À propos du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Est-de-l'Île-de-Montréal (CIUSSS-Est) regroupe l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l'Hôpital Santa Cabrini, le CHSLD Polonais Marie-Curie-Sklodowska et l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et de services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l'Île et Lucille-Teasdale. Affilié à l'Université de Montréal, le CIUSSS-Est conjugue les missions d'enseignement, d'évaluation et de recherche avec la formation de médecins et professionnels de la santé.

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