Avez-vous les bons réflexes numériques dans les médias sociaux?

Crédit : El Toro Studio

En 5 secondes

L’Université de Montréal lance une campagne pour promouvoir, auprès de l’ensemble de la communauté universitaire, les réflexes numériques qu’elle privilégie en matière de médias sociaux.

Il y a fort à parier que vous, ou l’une de vos connaissances, avez déjà partagé une information sensible ou confidentielle dans les médias sociaux. Ou encore éprouvé un doute quant à la pertinence d’y publier un message ou une image. Et, qui sait, d’avoir quelque peu regretté qu’un pan de votre vie privée soit étalé au grand jour…

Oui, ça peut arriver à tout le monde.

Afin de susciter la réflexion sur l’utilisation des médias sociaux en milieu universitaire, l’Université de Montréal lance sur le campus une campagne de sensibilisation sur différentes plateformes, dont un site Internet. Celui-ci propose entre autres des mises en situation et un test pour mettre à l’épreuve vos connaissances, de même que des capsules animées humoristiques évoquant les réflexes numériques à adopter.

«Nous avions remarqué qu’il y avait un besoin d’information de la part de notre communauté, souligne la vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études, Louise Béliveau. La campagne se veut une façon d’amorcer la discussion et de rappeler certains grands principes, notamment que toutes les règles qui régissent notre vie sur le campus s’appliquent dans l’univers des médias sociaux. En utilisant un ton léger, on souhaitait aborder des sujets sérieux sans faire la morale à qui que ce soit.»

Des réflexes numériques à adopter

Les réflexes numériques que privilégie l’UdeM en matière de médias sociaux concernent tant les étudiants que les enseignants et l’ensemble du personnel.

Ces réflexes, qui sont formulés en principes directeurs, visent six objectifs:

  • l’utilisation responsable, sécuritaire, prudente et diligente des médias sociaux;
  • la protection des renseignements personnels et des données confidentielles;
  • le maintien de saines relations professionnelles;
  • la sauvegarde de sa réputation et de son image numérique;
  • l’application rigoureuse des règles de probité intellectuelle au partage de contenus;
  • la protection de l’identité de l’Université.

Toute publication laisse une trace

Que ce soit dans un contexte professionnel ou privé, tout message échangé par l’entremise des médias sociaux laisse une trace.

«Dans la plupart des cas, les médias sociaux ne permettent pas de séparer aisément la vie publique et la vie privée, sans compter que leurs conditions d’utilisation sont fréquemment modifiées», affirme Robert David, professeur au Département de psychopédagogie et d’andragogie de la Faculté des sciences de l’éducation.

Spécialiste de l’intégration des technologies en classe, M. David a siégé au comité de travail constitué par le Vice-rectorat aux affaires étudiantes et aux études pour élaborer les principes directeurs d’une utilisation éthique et responsable des médias sociaux. Plusieurs membres de la communauté universitaire faisaient partie de ce comité, dont Rhoda Weiss-Lambrou, qui avait dirigé un projet pilote de cette nature à la Faculté de médecine, ainsi que des représentants de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’UdeM  Le vice-rectorat aux affaires étudiantes et aux études n’a d’ailleurs pas hésité à faire appel à Mme Weiss pour assurer la coordination de ce comité en raison de son expertise.

«Les étudiants sont à un stade de leur vie où ils s’apprêtent à migrer vers une vie professionnelle, et ce qu’ils peuvent avoir publié dans un autre contexte peut être interprété fort différemment quelques années plus tard, par exemple au moment de postuler pour un emploi», mentionne M. David.

D’autres enjeux méritent aussi d’être pris en compte lorsqu’on utilise les médias sociaux, dont le niveau de langage à utiliser pour maintenir une relation saine avec ses interlocuteurs, de même que la nature des informations qu’on divulgue.

Ainsi, les publications ou les communications peuvent contenir des renseignements confidentiels et porter préjudice à leurs auteurs dans un contexte de stage. De même, des propos vexants ou offensants peuvent se traduire par du harcèlement à l’endroit d’un collègue de classe ou d’un professeur.

«Qu’ils soient en droit, en médecine, en enseignement ou dans tout autre domaine, les futurs professionnels que sont nos étudiants ne sont pas à l’abri de maladresses qui pourraient les rattraper plus tard», fait observer Robert David.

C’est précisément pour cette raison que la campagne de sensibilisation a été mise sur pied. «Il faut que ces réflexes numériques viennent s’ancrer dans la culture des programmes et dans les échanges que les membres de la communauté ont entre eux, de même qu’avec le public en général», conclut le professeur.