Les experts des phytotechnologies observent les plantes au travail

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  • Le 10 octobre 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
Michel Labrecque a tenu à inviter les résidants du quartier, en plus des experts, pour leur dire qu'ils faisaient partie de l'expérience. «Vous êtes dans l'éprouvette!» a-t-il illustré.

Michel Labrecque a tenu à inviter les résidants du quartier, en plus des experts, pour leur dire qu'ils faisaient partie de l'expérience. «Vous êtes dans l'éprouvette!» a-t-il illustré.

Crédit : Mathieu-Robert Sauvé

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Plus de 350 chercheurs ont participé au congrès international de phytotechnologies qui s’est tenu à Montréal récemment. Plusieurs d’entre eux ont visité des sites expérimentaux.

Chantal Rouleau, mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Crédit : M.-R. S.

«Je suis ravie de la collaboration avec les chercheurs de l’Université de Montréal, qui ont transformé ce terrain aride et gris en un espace vert tout en contribuant à l’avancement des connaissances», a lancé la mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, le 29 septembre. Mme Rouleau accompagnait un groupe d’experts internationaux en phytotechnologies venus observer les plantes au travail dans une zone du quartier qui a subi des déversements toxiques dans le passé.

À l’issue de la 14e Conférence internationale sur les phytotechnologies, qui s’est tenue à Montréal du 25 au 29 septembre dernier, les congressistes avaient été invités à explorer quatre sites d’expérimentation où les plantes ont été mises à contribution dans divers projets de décontamination des eaux et des sols. «La réponse a été extrêmement positive, au point où nous avons dû mobiliser trois autobus», relate Michel Labrecque, professeur associé au Département de sciences biologiques de l’Université de Montréal et chef de la division Recherche et développement scientifique au Jardin botanique de Montréal.

Entamée au petit matin, la dernière journée de cette rencontre a été chargée, puisque les délégués ont été conduits à Saint-Roch-de-l’Achigan, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Montréal, pour voir de leurs yeux deux installations expérimentales conçues par l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) en collaboration avec Polytechnique Montréal, l’École des mines de Nantes et des partenaires industriels. On y teste deux modèles de marais filtrants afin de traiter les eaux usées de la municipalité de 5000 habitants.

Ensuite, le groupe a fait un arrêt dans l’est de Montréal, où l’on prévoit aménager un marais de 2000 mcapable, espère-t-on, de décontaminer un lieu où, pendant plusieurs années, les déversements pétrochimiques ont été nombreux. Puis, dernier arrêt, le champ en friche où l’IRBV mène depuis l’an passé divers projets de phytoremédiation. C’est là que la mairesse Rouleau a été rencontrée, ainsi que les congressistes et des résidants du quartier, qui avaient été invités à prendre part à la visite.

«En plus de l’aspect scientifique, la participation citoyenne au projet de recherche m’apparaît particulièrement intéressante», a mentionné Clarisse Liné, de l’Université de Toulouse. En Europe, les plantes sont des alliées des écotoxicologues depuis longtemps, a-t-elle signalé, mais la conférence de Montréal a permis de partager de multiples informations sur les nouvelles approches.

Pour Michel Labrecque, en tout cas, la rencontre a été couronnée de succès sur le plan de la représentation internationale (371 inscriptions d’une cinquantaine de pays). Pour ce qui est du contenu scientifique, il a constaté un intérêt généralisé des chercheurs pour le microbiome autour du monde végétal. Un univers qui s’ouvre aux botanistes.

  • Longtemps abandonné, ce champ de Rivière-des-Prairies à l'ombre des réservoirs de pétrole a retrouvé ses couleurs.

    Crédit : M.-R. S.
  • Les congressistes sont venus nombreux à la visite des sites expérimentaux de l'IRBV constater le travail de décontamination par les plantes.

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  • Les chercheurs ont expérimenté différentes méthodes de croissance, dont le bouturage à partir d'une tige coupée l'an dernier.

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