L’homme du code Morin aimait les livres et… la chasse à courre!

  • Forum
  • Le 16 octobre 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
Le Montréalais Victor Morin, grand bibliophile, fait l’objet d’une exposition à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales.

Le Montréalais Victor Morin, grand bibliophile, fait l’objet d’une exposition à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales.

Crédit : Amélie Philibert

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La Bibliothèque des livres rares et collections spéciales propose une exposition sur Victor Morin, un grand Montréalais malheureusement peu connu.

Figure marquante de la fin du 19e siècle et du début du suivant, le notaire Victor Morin (1865-1960) a été échevin à la Ville de Montréal, président de la Société Saint-Jean-Baptiste et de la Société historique de Montréal ainsi que professeur à l’Université de Montréal, mais il est surtout connu pour avoir laissé son nom à la Procédure des assemblées délibérantes, mieux connue sous le nom de «code Morin».

«Il avait déjà une cinquantaine d’années d’expérience comme administrateur d’organismes divers lorsqu’il fait breveter ce code de procédure, en 1938. Le code Morin connaîtra de multiples rééditions», explique l’historien Éric Bouchard, bibliothécaire à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales de l’Université de Montréal, qui vient d’inaugurer une exposition sur Victor Morin, Montréaliste de vieille roche, au quatrième étage du pavillon Samuel-Bronfman. Encore couramment utilisé, le code Morin permet de gérer avec un certain ordre les assemblées générales au Québec et en Acadie. Les «point d’ordre, monsieur le président», «point de privilège», «amendement» et «sous-amendement» ont fait les beaux jours du mouvement étudiant, notamment.

Homme public influent et hyperactif, Victor Morin était aussi un homme de culture qui a constitué une collection de plus de 15 000 livres; il en vendra une partie lors de la crise des années 30, mais son fonds, légué en 1962 par ses héritiers, comptait encore 12 000 titres, majoritairement des canadiana. «C’est la principale collection privée à nous avoir été donnée pour ce qui est du nombre d'ouvrages», précise M. Bouchard, qui ajoute que la collection du juge Baby demeure la plus précieuse en matière d’objets rares (voir Forum du 24 août 2017).

Nationaliste et patriote (il est président de la Société Saint-Jean-Baptiste lorsqu’on érige la croix du mont Royal), il ne pouvait pas supporter de se voir refuser l’accès aux clubs privés dominés par des Anglo-Montréalais. Il créera donc un club de chasse à courre sur la rive sud de Montréal qui, après quelques années, sera converti en club de polo…

L’exposition, qu’on peut visiter aux heures d’ouverture du pavillon Samuel-Bronfman (3000, rue Jean-Brillant), est en cours jusqu’en avril prochain. Une visite guidée d’une heure par le commissaire Éric Bouchard aura lieu le 8 novembre à 11 h 45.

  • L’enfance de Victor Morin se déroule à Saint-Hyacinthe. Puis il fait son droit notarial à l’Université Laval à Montréal. Il s’attache dès lors au patrimoine et à l’histoire de la métropole.

    Crédit : Amélie Philibert
  • Victor Morin participe à la première réunion des diplômés de l’Université de Montréal en 1936, photographiés devant le Pavillon principal, alors inachevé. Collection Victor-Morin, Première réunion annuelle des Anciens de l’Université de Montréal, F.E. Marsan, 1936.

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  • La notoriété de Victor Morin repose surtout sur l’ouvrage intitulé «Procédure des assemblées délibérantes», le fameux «code Morin». Cet exemplaire date de 1938.

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  • Droit d’auteur sur la Procédure des assemblées avec tableau synoptique, Bureau des droits d’auteur, 1938. Fonds Victor-Morin, Division de la gestion de documents et des archives.

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  • Victor Morin met sur pied en 1897 un club de chasse à courre pour contourner le sectarisme du Hunt Club. Les membres sont immortalisés ici dans un champ de La Prairie en 1899.

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  • Professeur de droit de 1909 à 1939, Victor Morin vit pleinement l’âge d’or du Quartier latin, alors que l’UdeM loge sur la rue Saint-Denis. Il conserve un plan étonnant de reconstruction de la cité universitaire mise en dessin par Adrien Venne.

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  • Victor Morin aimait beaucoup voyager et faire la fête à l’occasion. Il a conservé cette affiche dédicacée par l’artiste Maurice Neumont, du collectif La république de Montmartre, qu’il côtoie dans les années 20.

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  • Le notaire Morin demeurera attaché à ses collègues de la promotion de 1884 du Séminaire de Saint-Hyacinthe, où il développe son goût pour le théâtre et les livres anciens.

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  • Victor Morin conservait cette illustration du dernier château de glace édifié à Montréal à la fin du 19e siècle. Ice Palace – Montreal Carnival, The Burland Litho Co., 1889.

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