La roquette possède des propriétés antidiabétiques

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  • Le 19 octobre 2017

  • Martin LaSalle
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Le professeur Pierre Haddad et son équipe de chercheurs, du Département de pharmacologie et physiologie, ont découvert que des composés de la roquette possèdent des propriétés antidiabétiques.

Prisées pour leur goût amer dans les salades, les feuilles de roquette renferment certains composés antidiabétiques qui pourraient entrer dans la pharmacopée destinée à atténuer les effets du diabète de type 2, dont souffrent plus de 415 millions de personnes dans le monde, selon la Fédération internationale du diabète.

C’est ce que met en lumière une étude dirigée par le professeur Pierre Haddad, du Département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal, récemment publiée dans la revue Pharmaceutical Biology.

Spécialiste de l’activité biologique in vivo et in vitro de plantes réputées antidiabétiques et cherchant à favoriser l’accès aux médecines traditionnelles autochtones dans les soins de santé modernes, M. Haddad a orienté ses travaux vers la roquette, dont certaines vertus avaient déjà été mises au jour dans la littérature scientifique.

«Des études en laboratoire ont démontré que la roquette [Eruca sativa] possède des propriétés antioxydantes, qu’elle contribue à l’atténuation des cytokines pro-inflammatoires et qu’elle altère des cellules cancéreuses», indique-t-il.

Une étude révélant que l’administration d’huile végétale de graines de roquette agit sur l’hyperglycémie et sur le profil lipidique chez des rongeurs a aussi incité Pierre Haddad à analyser in vitro le potentiel antidiabétique de cette plante. Il a donc observé l’effet de différents extraits de feuilles fraîches entre autres sur l’absorption du glucose dans des cellules musculaires de souris.

Meilleure absorption du glucose

Pierre Haddad

Crédit : Martin LaSalle

Touchant près de 20 % des Canadiens âgés de 65 ans et plus, le diabète de type 2 est caractérisé par une hyperglycémie chronique, c’est-à-dire par un taux trop élevé de glucose (sucre) dans le sang. Cette maladie frappe davantage les personnes obèses ou ayant un surplus de poids. L’accumulation de gras, plus particulièrement dans la région abdominale, entraîne une résistance à l’insuline sécrétée par le pancréas. Cette résistance à l’insuline prédispose au diabète de type 2.

L’un des extraits testés par l’équipe de Pierre Haddad, le ES3, a augmenté de 149 % la capacité d’absorption du glucose des cellules musculaires, soit davantage que les cellules témoins et celles traitées par la metformine – un médicament antidiabétique.

«Nous croyons que le profil en acides gras de cet extrait – il en contient 27 % –, dont certains sont réputés pour leur action contre les troubles métaboliques, permet d’agir positivement sur la résistance à l’insuline ainsi que sur la réduction de l’hyperlipidémie», mentionne le chercheur dont la découverte a été réalisée en collaboration avec des collègues égyptiens, dont Hoda Eid qui est aussi diplômée de l'UdeM.

Aussi, Pierre Haddad estime-t-il que ces résultats ont permis de déterminer le potentiel nutraceutique de cet extrait de roquette et que d’autres études devront être menées pour mieux en cerner l’action et les possibles utilisations sur le plan clinique.

En raison de l’étendue et de la progression de la maladie, il importe de préciser qu'on estime que, d’ici les 15 prochaines années, le diabète de type 2 sera la septième cause de mortalité dans le monde.