Activités d’accueil respectueuses et inclusives: l’UdeM souligne le travail des associations étudiantes

Neuf associations étudiantes ont soumis leur candidature à ce concours inédit organisé par l’Université et la FAECUM.

Neuf associations étudiantes ont soumis leur candidature à ce concours inédit organisé par l’Université et la FAECUM.

Crédit : Amélie Philibert

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L’Université et la FAECUM ont dévoilé les noms des trois associations qui ont remporté le concours visant à valoriser des activités d’accueil inclusives et respectueuses de tous.

C’est pour encourager et valoriser les efforts faits par les associations étudiantes afin d’organiser des activités d’accueil respectueuses, sécuritaires et inclusives que l’Université de Montréal et la Fédération des associations étudiantes du campus de l’UdeM (FAECUM) ont décidé cette année d’organiser un concours à leur intention et dont les gagnants ont été dévoilés ce matin par le recteur Guy Breton et le secrétaire général de la FAECUM, Simon Forest.

Les candidatures soumises ont épaté les membres du jury. «Les associations se sont vraiment dépassées, explique Simon Forest. On leur demandait de soumettre une activité de 30 minutes, et certaines ont carrément modifié l’ensemble de leurs journées d’accueil afin que l’ensemble de leurs activités correspondent aux critères du concours.»

Les activités ont été évaluées en fonction de leur caractère original et rassembleur, et de l’effort déployé quant à la promotion d’au moins deux de ces aspects: sportif, culturel, associatif, encourageant la sensibilisation au consentement et aux violences à caractère sexuel.

Neuf associations étudiantes* avaient présenté leur candidature. Les premier, deuxième et troisième prix ont été remportés par les associations de la Faculté de médecine vétérinaire, de l’École de réadaptation et de la Faculté de droit (voir l’encadré). Elles se sont vu remettre respectivement 1000 $, 500 $ et 300 $.

«Je vous trouve inspirants, a déclaré Guy Breton, félicitant les membres des associations participantes. Chaque génération a ses propres défis et l’un des vôtres est de faire en sorte que le message “Sans oui, c’est non!” devienne une évidence pour tout le monde dans toutes les sphères de la société.»

Changement de culture

Les résultats de ce concours et la qualité des candidatures illustrent le changement de culture en cours sur le campus. «On ne parle plus d’initiations, mais bien d’activités d’accueil. Ce changement de nom en soi reflète un changement de paradigme. On est passés d’une culture de “rite de passage” à une culture d’accueil», a indiqué M. Forest.

Pour la promouvoir, des formations sur la tenue d’activités d’accueil ont été organisées et des «sentinelles» mises sur pied. La FAECUM a également rencontré des cohortes entières d’étudiants, et pas seulement les responsables des activités. «Nous sommes là pour expliquer que les choses doivent changer et que, justement, on ne peut pas faire comme avant.»

«La rencontre qui nous réunit aujourd’hui est la preuve concrète que les choses évoluent, a dit Chantal Pharand, vice-rectrice adjointe aux affaires étudiantes et à la réussite. Nous récoltons les fruits des différents projets mis en place au cours des dernières années.»

Une université qui travaille avec ses étudiants

Au cœur de ce véritable chantier entrepris pas la FAECUM et l’UdeM: la collaboration. «C’est impensable que des changements s’opèrent sans que nous soyons assis à la même table pour travailler ensemble, l’administration et les représentants des étudiants. Souvent, l’administration a de bonnes idées tandis que nous, notre rôle est de recadrer ces idées dans un contexte étudiant pour que ça puisse fonctionner», a mentionné M. Forest.

Chantal Pharand a aussi souligné le rôle clé de ce partenariat. «Notre collaboration avec la FAECUM et les associations étudiantes, ainsi qu’avec d’autres partenaires tels la Direction de la prévention et de la sécurité et le Bureau d’intervention en matière de harcèlement, est précieuse et nous permet d’avancer.»

L’un des angles privilégiés par l’Université et la FAECUM a été de miser sur les comportements à exclure plutôt que sur les activités en tant que telles. «Ce n’est pas le jeu de tague qui est interdit, c’est le jeu de tague qui comporte la consommation d’alcool. La différence est importante, puisque ce qu’on montre du doigt, ce sont des gestes.»

Victimes de leur succès

«On a réellement créé un monstre, s’est exclamé en riant Simon Forest. Les associations étudiantes nous demandent maintenant la présence de sentinelles pour d’autres activités. On nous demande du matériel comme de petits goulots de bouteille pour éviter l’ajout de substances illicites. On constate déjà que ce n’est plus la FAECUM qui incite à adopter une certaine conduite, ce sont maintenant les associations étudiantes elles-mêmes qui intègrent les mesures dans leurs propres activités.»

* Criminologie, sécurité et études policières; Design industriel et design intérieur; Neurosciences; Communication; Réadaptation; Médecine vétérinaire; Droit; Optométrie; Communication et politique.

  • Crédit : Amélie Philibert
  • Simon Forest; Rachel Gauvin, coordonnatrice aux affaires externes et sociopolitiques de l'Association des étudiants en médecine vétérinaire; Guy Breton; et Chantal Pharand.

    Crédit : Amélie Philibert
  • Simon Forest; Émie Cournoyer, coordonnatrice à la vie étudiante de la Société des étudiants en réadaptation, et Samuel Trottier-Lapointe, président de l'association étudiante; Guy Breton; et Chantal Pharand.

    Crédit : Amélie Philibert
  • Simon Forest; Antoine Di Pietrantonio, vice-président aux affaires externes de l'Association des étudiant.e.s en droit; Guy Breton; et Chantal Pharand.

    Crédit : Amélie Philibert
  • Simon Laporte, coordonnateur à la vie de campus à la FAECUM.

    Crédit : Amélie Philibert

Les commentaires du jury sur les trois associations gagnantes

1re place: Faculté de médecine vétérinaire
Selon le jury, «l’association a fait preuve d’un fort leadership en faisant fi de la très forte tradition d’initiations étudiantes. Un réel changement de culture a eu lieu au sein de cette communauté avec des activités d’accueil inclusives et respectueuses axées sur le sport, le consentement et le développement interpersonnel. De plus, le comité organisateur lègue pour les années futures un modèle empreint de respect qui contribuera à la pérennité du changement de culture».

2e place: École de réadaptation
Alors que l’admissibilité au concours exigeait l’organisation d’une activité de 30 minutes, cette association s’est démarquée en mettant sur pied trois jours complets d’activités respectueuses et responsables, notamment des activités sportives et de sensibilisation aux notions de consentement et de harcèlement sexuel.

3e place: Faculté de droit
«L’initiative du comité organisateur est digne de mention, a souligné le jury. Il a mis sur pied un système de témoins actifs, des étudiants ayant pour seul mandat d’assurer un climat respectueux tout au long des cinq jours d’activités. Le système a connu un tel succès qu’il sera repris pour d’autres activités tout au long de l’année.»