Fondation Caroline Durand: la générosité au service de la santé

Me Pierre Venne, le 3 octobre dernier à l'Université de Montréal.

Me Pierre Venne, le 3 octobre dernier à l'Université de Montréal.

Crédit : Andrew Dobrowolskyj

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Retour sur l’histoire de la Fondation Caroline Durand qui permet, grâce à un don de 15 M$, la création de trois chaires philanthropiques à la Faculté de médecine de l’UdeM.

Début des années 80. Caroline Durand, une retraitée fortunée sans famille ni enfants, s'éteint avec la volonté que ses avoirs soient investis en médecine, dans les secteurs de l'audiologie, de l'ophtalmologie et de la cardiologie. Quelques années plus tard, son souhait se concrétise avec la mise sur pied d'une fondation portant son nom. «Mme Durand a laissé le soin à ses exécuteurs testamentaires de réaliser ses vœux. Nous avons choisi de perpétuer son nom et sa mémoire», note Me Pierre Venne, actuel président de la Fondation Caroline Durand et notaire de la donatrice à l'époque.

Il y a 30 ans, les besoins étaient criants en matière d'équipement médical spécialisé. C'est pourquoi la Fondation a choisi de soutenir financièrement les hôpitaux universitaires francophones de la région de Montréal afin de pallier le manque d'appareils et ainsi d’assurer les soins aux patients. «Nous allions directement solliciter les dirigeants des hôpitaux en offrant notre aide financière. Les fondations étaient presque inexistantes à ce moment-là. C'était les balbutiements de la collecte de fonds», ajoute Me Venne.

Les yeux, les oreilles et le trauma

Il y a cinq ans, la Fondation a pris un nouveau virage en réorientant ses activités philanthropiques vers la recherche. «Après avoir discuté avec la doyenne de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, Hélène Boisjoly, nous avons décidé de créer trois chaires majeures de recherche selon les priorités de la Faculté de médecine: les yeux, les oreilles et le trauma. C'était en même temps ce qui se rapprochait le plus de notre mission première, de ce que Mme Durand aurait souhaité de tout cœur.»

Bénéficiant d'un montant de cinq millions de dollars chacune, la Chaire Fondation Caroline Durand en audition et vieillissement, la Chaire Fondation Caroline Durand en traumatologie aigüe et la Chaire Fondation Caroline Durand en thérapie cellulaire des maladies de l’œil offrent des perspectives de développement et de percées scientifiques grâce au travail de leurs titulaires, Jean-Paul Gagné, Louis de Beaumont et May Griffith.   

«La Fondation veut avoir un effet concret. Par son soutien, elle vise aussi à mieux faire connaître certains domaines de la médecine un peu plus dans l’ombre, comme l'audiologie, où il y a encore beaucoup de points d'interrogation. Nous y voyons énormément de potentiel», explique Me Venne.

Née du désir d'une femme de redonner à sa communauté, la Fondation Caroline Durand sème l'espoir chez les personnes atteintes de troubles de l’audition ou de la vue ou qui ont subi un traumatisme crânien ainsi que dans leur entourage. En plus de donner des ailes à la recherche, elle permet l'amélioration des soins à des gens souvent touchés par des maux encore trop peu connus.

«Mme Durand serait agréablement surprise de voir que son legs a pu contribuer autant à l’avancement de la médecine. Elle m'avait dit de ne pas oublier de mettre son nom sur une petite plaque après son décès, mais elle ne se serait pas attendue à un tel rayonnement. De plus, on a déjà une belle relève qui a commencé à s'engager auprès de la Fondation. Elle en serait aussi très fière.»

Valentine Bonhomme-Vachon
Collaboration spéciale