Pour son doctorat, Marie-Pierre Brasset compose un opéra

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  • Le 23 octobre 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
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La compositrice Marie-Pierre Brasset travaille à un opéra dans ses études doctorales à l’Université de Montréal.

Dans ses études doctorales à la Faculté de musique de l’Université de Montréal, la compositrice Marie-Pierre Brasset travaille à la création d’un opéra qu’elle entend terminer en décembre prochain. «C’est un opéra écrit en collaboration avec trois librettistes. Je dois rédiger, parallèlement, une thèse relatant mon approche théorique», explique la musicienne dont les œuvres ont été jouées notamment à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal et au Centre national des arts, à Ottawa.

Ce travail de création s’inscrit dans le genre «à forme ouverte», c’est-à-dire sans directives sur l’ordre défini des parties. «Il se présente en tableaux autonomes qui peuvent être joués différemment selon la volonté du metteur en scène», précise Mme Brasset, qui a été compositrice en résidence au Nouvel Ensemble moderne de l’UdeM durant trois saisons, de 2014 à 2016. Son opéra est conçu pour quatre solistes et une vingtaine de musiciens.

Trois tableaux ont déjà été conçus: La piñata (dont le texte est signé Nicolas Lemieux), Le chant de Petite Peste (Anne-Dominique Roy) ainsi que Billie se sent prise au piège, d'Anne-Marie Ouellet. Le premier a été créé à Montréal par Chants libres au festival Opéractuel en 2013 et le second par l’ensemble Lunatik à Québec en 2014. L’ouverture a également été jouée le 9 mars 2017 à la salle Bourgie par le Nouvel Ensemble moderne (dirigé pour l’occasion par Pierre-Alain Monot).

Définir l'opéra

Sous la direction de la compositrice Isabelle Panneton, professeure à la Faculté de musique, dont elle est doyenne depuis 2011, le doctorat de Marie-Pierre Brasset remet en question les formes de l’opéra traditionnel. Ce travail a amené la musicienne à s’interroger sur ce que constitue un opéra. La thèse qui accompagne le travail de composition doit répondre aux questions suivantes: comment appliquer le principe d’une forme ouverte à l’opéra? Comment peuvent se redéfinir les rapports du compositeur et du librettiste dans le processus de création du livret? Et comment la composition musicale peut-elle influencer et guider la mise en scène d’une œuvre à forme ouverte?

«Populaire dans les années 60 et 70, l’œuvre à forme ouverte a été relativement délaissée depuis quelques décennies, indique la doctorante. Ce qui m’intéresse, c’est la prise de risque et la liberté qui est offerte au créateur et aux interprètes. J’ai trouvé que le doctorat fournissait un cadre idéal pour me consacrer à un projet de cette envergure.»

Avant de s’aventurer dans cette voie, Marie-Pierre Brasset a fait un baccalauréat en composition à l’Université Laval, à Québec, dans la classe d’Éric Morin en 2007; elle a poursuivi des études de maîtrise au Conservatoire de musique de Montréal dans la classe de composition de Michel Gonneville et celle d’analyse de Serge Provost. Parallèlement à sa formation en musique, elle a obtenu un baccalauréat en études classiques à l’Université du Québec à Montréal. Si elle a opté pour un programme de troisième cycle à l’Université de Montréal en 2011, c’est en raison de cette orientation «recherche-création» de la Faculté de musique.