Gender Summit 11 d’Amérique du Nord: prospérer dans la diversité et le pluralisme

  • Forum
  • Le 3 novembre 2017

  • Martin LaSalle

En 5 secondes

Montréal accueillera, du 6 au 8 novembre, le 11e Gender Summit, qui réunira près de 600 défenseurs de l’égalité des sexes dans les domaines des sciences, de l’innovation et du développement.

Maryse Lassonde

C’est à Montréal que se déroulera pour la première fois au Canada le Gender Summit, une série de conférences internationales tenue partout dans le monde sur le thème de l’égalité des sexes pour la qualité en recherche et en innovation.

Ces conférences visent à faire de l’égalité des sexes la norme dans les domaines de la recherche et de l’innovation, et à intégrer l’égalité des sexes comme une dimension fondamentale de la qualité. Le sommet qui aura lieu à Montréal, dont l’UdeM est partenaire, représente la 11série de rencontres à être organisée depuis 2011. Il aura ceci de particulier qu’il s’ouvrira aux enjeux relatifs à la question du genre et au pluralisme culturel.

«Le thème du sommet de Montréal est “Adopter le pluralisme et prospérer grâce à la diversité: façonner les sciences et l’innovation”, et les discussions porteront aussi sur la place que doivent occuper les membres de la communauté LGBTQ+ ainsi que ceux des Premières Nations dans les sciences naturelles et en génie», explique Maryse Lassonde, professeure émérite du Département de psychologie de l’UdeM et coprésidente du comité directeur régional du sommet.

Le Gender Summit 11 d’Amérique du Nord différera des sommets précédents, «puisqu’il sera orienté vers des solutions et des bonnes pratiques à promouvoir pour atteindre les objectifs», ajoute celle qui est aussi directrice scientifique du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies et présidente de la Société royale du Canada.

Séances plénières diversifiées

La programmation du Gender Summit 11 propose de nombreux ateliers et conférences, ainsi que des séances plénières où seront abordées les multiples facettes de la diversité et du pluralisme.

L’une de ces séances portera notamment sur la façon dont les perspectives des communautés LGBTQ+ renforcent la recherche et l’innovation.

«Il est démontré que les membres de la communauté LGBTQ+ peuvent être victimes de discrimination dans le secteur de la recherche, tant à l’embauche que pour les promotions, et il faut agir sur ce plan en faisant valoir que de nombreuses données montrent que leur inclusion a une influence positive sur l’innovation», indique Mme Lassonde.

Une autre séance plénière explorera le genre et la réconciliation grâce à la recherche menée par ou avec les peuples autochtones du monde entier. «Suzy Basile, professeure d’études autochtones à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, y participera, ajoute-t-elle. Mme Basile est la première femme autochtone de sa communauté à avoir obtenu un doctorat après sa soutenance de thèse en sciences de l’environnement.»

Par ailleurs, plusieurs enseignants et chercheurs de l’Université de Montréal prendront part à différents ateliers, dont Jrene Rahm, professeure au Département de psychopédagogie et d'andragogie, qui fera partie de la séance plénière sur l’influence des milieux scolaire et parascolaire ainsi que de la communauté sur la diversification en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques.

Maryse Lassonde assistera quant à elle à la séance plénière où il sera question des meilleures pratiques pour favoriser l’adhésion des pays et des organisations aux programmes certifiant l’adoption et la mise en place de politiques sur la diversité et l’inclusion, dont le projet SAGA de l’Unesco.

L’objectif de ce projet est de réduire l’écart entre les hommes et les femmes en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques dans tous les pays et à tous les échelons de l’éducation et en recherche. Pour l’instant, une dizaine de pays et régions pilotes ont adhéré au programme, dont le Québec, le seul à y être associé dans tout l’hémisphère Nord.

Dans le même esprit, rappelons qu’en 2017 l’Université de Montréal est devenue la troisième université canadienne à s’associer à Fierté au travail Canada, un réseau d’employeurs qui œuvrent pour l’amélioration des conditions d’inclusion des travailleurs LGBTQ+.

Bar des sciences le 7 novembre: LGBTQIA+ c'est quoi ton genre?

Un Bar des sciences aura lieu en marge du Gender Sumit 11, le mardi 7 novembre à 17 h 30 au bistro L'Barouf, sur le thème «LGBTQIA+ c'est quoi ton genre?»

Au menu: le foisonnement des genres et des orientations sexuelles est-il un phénomène de culture ou une expression de la nature? Quelle est l'incidence de cette diversité sur la société, l'éducation, l'économie et nos institutions? Faut-il revoir la façon binaire, voire souvent unique, d'aborder la science?

Animée par la journaliste Sophie-Andrée Blondin, la discussion sera menée par Maryse Lassonde et la biologiste Sophie Breton, de l'UdeM, ainsi que par les sociologues Michel Dorais, de l'Université Laval, et Line Chamberland, de l'UQAM.

Le bistro L'Barouf est situé au 4171, rue Saint-Denis, à Montréal.